Début juin, nous découvrions Ipsogen, nouveau venu sur le marché d’Alternext et avions l’occasion de nous entretenir avec Vincent Fert, PDG d’Ipsogen. Dans une interview, ce dernier nous avait exposé la nature de sa société, la spécificité de son business et ses objectifs après cette IPO.
Nous avions alors en main peu de chiffres. Celui du chiffre d’affaires 2007 : 2,5 millions d’euros, en hausse de 88 % par rapport à 2006. Et la direction se voulait prudente quant à ses perspectives chiffrées.
La déception n’est pas de mise aujourd’hui alors qu’Ipsogen publie dans un communiqué de presse ses résultats pour le premier semestre 2008. Le chiffre d’affaires semestriel s’établit à 1,55 million d’euros contre 1,09 million sur la même période en 2007, en hausse de 45,5 % à taux de change constant. A parités courantes, la croissance du chiffre d’affaires ressort à 41,6%.
La société souligne que « les ventes ont progressé pour l’ensemble du portefeuille de tests d’Iposogen couvrant les leucémies mais ce sont celles du test JAK2 qui ont progressé de la façon la plus spectaculaire (+ 169 %) et ce alors que le marquage CE de ce test n’a été obtenu qu’en toute fin de semestre ».
Commentaire de Vincent Fert, cité dans le communiqué : « nous sommes très satisfaits des réalisations de ce premier semestre. La croissance de l’activité a été forte et conforme à nos attentes. Ces résultats confirment le potentiel du test JAK2 pour le dépistage des néoplasmes myéloprolifératifs et démontrent que le portefeuille de produits d’Ipsogen est bien positionné pour tirer partie de la croissance très dynamique du marché du diagnostic moléculaire des cancers. »
Pour mémoire, la société, créée en 1999, est spécialisée dans le diagnostic moléculaire du cancer. « Ipsogen travaille dans le domaine du diagnostic moléculaire du cancer. En quelques mots, l’objectif est de fournir aux personnels soignants les informations dont ils ont besoin pour diagnostiquer, soigner et suivre des patients atteints de cancers. Le secteur du diagnostic est varié. Un test de grossesse, disponible en pharmacie, est un outil de diagnostic, tout comme le test réalisé dans un hôpital sur un échantillon de tumeur qui doit aider à prescrire ou non une chimiothérapie dans le traitement du cancer », nous expliquait Vincent Fert début juin. « Ipsogen développe et commercialise des produits consommables, des réactifs, sous forme de ‘kits’. Ils servent à la réalisation de diagnostics in vitro, c’est-à-dire effectués sur un prélèvement humain et non sur la personne directement », nous apprenait-il.
Les clients d’Ipsogen sont des laboratoires hospitaliers ou privés spécialisés. Ipsogen vend ses produits dans 48 pays auprès de 250 clients récurrents. En 2007, son chiffre d’affaires est venu à 22 % des ventes en France, à 36 % des ventes en Europe hors France, à 25 % de celles en Amérique du Nord (grâce à sa filiale américaine) et à 17 % du reste du monde.
Ipsogen a commencé son activité autour du diagnostic des leucémies. « Il faut savoir qu’il existe 38 cancers du sang différents. Les progrès médicaux ont été phénoménaux dans ce domaine. Ipsogen a voulu en prendre part. Le diagnostic moléculaire s’est imposé comme étant la technique la plus sensible et la plus spécifique pour analyser les anomalies des gènes qui sont a l’origine des cancers. D’une manière générale, les efforts de diagnostic ont permis d’individualiser des maladies que l’on croyait similaires et d’apporter des meilleures réponses pour le traitement de ces cancers du sang. Nous avons sorti nos premiers produits en 2003. Cela nous a permis de rapidement être identifiés comme un des leaders du secteur bien que nous nous soyons concentrés sur un marché de niche, sur quelques types de leucémies en particulier. Nous avons gagné en reconnaissance, en légitimité et en image de marque. Nous avons progressivement créé un réseau de clients centres spécialisés à forte valeur commerciale », résumait Vincent Fert.
Ipsogen étend aujourd’hui son savoir-faire au domaine du cancer du sein. Objectif : « appliquer les recettes » précédentes dans les produits destinés au diagnostic du cancer du sein. « Après avoir établi notre savoir-faire dans une niche, nous visons un marché majeur : le cancer du sein touche 500 000 femmes chaque année aux Etats-Unis et en Europe », soulignait Vincent Fert lors de notre entretien. « Sur le plan commercial, ce marché a un vrai potentiel et est donc extrêmement intéressant pour notre développement. Sur le plan médical, les produits Ipsogen veulent améliorer le bien-être des patientes et permettre une ‘médecine personnalisée’. Grâce aux informations que les tests de diagnostic fournissent, les médecins sont en mesure de mieux adapter le traitement au patient et ainsi d’éviter le sur-traitement et de minimiser les risques de maladies secondaires. Par là même, on peut également éviter un traitement non approprié et coûteux. L’objectif étant que les économies ainsi réalisées participent aux économies de santé », nous expliquait le dirigeant.
Actuellement, le diagnostic in vitro ne représente que 5 % des dépenses de santé mais il intervient dans 60 à 70 % des décisions médicales. Le marché du diagnostic moléculaire en oncologie est estimé à 400 millions d’euros. Il s’agit encore d’un marché émergent, qui connaît une croissance de 35 % par an. Ipsogen veut s’inscrire dans cette dynamique en tant qu’acteur majeur.
L’introduction sur le marché Alternext d’Ipsogen doit lui permettre « de renforcer (son) organisation commerciale aux Etats-Unis et en Europe et de poursuivre (son) travail de référencement des tests de diagnostic Ipsogen », selon les dires de son PDG. « Environ 8 à 9 millions d’euros issus de l’augmentation de capital devraient servir ces desseins. Le solde viendra s’ajouter à notre trésorerie nette de 3 millions d’euros, de quoi nous assurer une solide marge de manœuvre », déclarait-il quelques jours après cette IPO.