Allianz, premier assureur allemand, se sépare de sa filiale bancaire Dresdner Bank, rachetée à prix d’or en 2001, et pourrait choisir comme acquéreur Commerzbank, selon la presse allemande. Ceci marque l’échec en Allemagne du mariage entre banque et assurance, pourtant harmonieux dans d’autres pays européens, et qui aurait permis d’écouler indistinctement polices d’assurances et comptes d’épargne aux nombreux guichets de Dresdner Bank.
Si ce modèle n’a pas « pris » en Allemagne, c’est principalement pour deux raisons, selon Konrad Becker, analyste de la banque Merck Fink. « D’abord, les Allemands ont pris l’habitude d’acheter leurs assurances-voiture ou assurances-vie auprès des compagnies d’assurances, qui ont développé d’énormes réseaux commerciaux », explique-t-il. Ensuite, « les banques qui ont réussi dans la bancassurance, comme ING ou Fortis, possédaient dès le départ une très importante clientèle de banque de détail, et donc un réseau développé de guichets, ce qui a rendu plus facile la commercialisation de produits d’assurance ». Or en Allemagne, la clientèle de détail est le point faible des grandes banques.
De manière générale en Allemagne, le privé peine à s’imposer sur le marché de la banque de détail, qui reste dominé par le secteur public, c’est-à-dire les caisses d’épargne.
Pour ne rien arranger, les noces de Dresdner Bank et Allianz ont été célébrées à un moment peu propice à la lune de miel, en pleine débâcle boursière.
La Commerzbank serait préférée au deuxième candidat en lice, la CDB (China Development Bank), un établissement public chinois, qui a pourtant mis une offre plus élevée sur la table, selon un journal allemand. Le rachat devrait avoir lieu en deux étapes. La Commerzbank reprendrait dans un premier temps 51% de la Dresdner Bank, l’assureur de Munich recevrait en échange un peu moins de 30 % d’actions Commerzbank, selon les journaux qui citent des sources proches des négociations.