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Affaire Clearstream : Douze heures d’audition pour Jean-Louis Gergorin

Article du 19/07/2007
Jean-Louis Gergorin a passé hier douze heures dans les bureaux des juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons. Dans le cadre de leur enquête sur l’affaire Clearstream, l’ex-vice président était entendu sur les notes informatiques du général Rondot, qui ont été récemment mises au jour par une expertise judiciaire de l’ordinateur de cet ex-conseiller au ministère de la Défense.
« L’audition est suspendue et reprendra vendredi après-midi », a précisé hier soir à la presse son avocat. Aujourd’hui, c’est au tour d’une autre personnalité mise en examen dans cette enquête, Imad Lahoud, d’être entendue par la justice.
Le 27 juillet, Dominique de Villepin sera convoqué par les juges en vue de sa mise en examen pour « complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d’abus de confiance et complicité d’usage de faux ». Le logement de ce dernier a été perquisitionné à plusieurs reprises il y a quelques jours par la justice chargée de l’enquête sur cette affaire.
L’ancien Premier ministre avait déjà été convoqué le 22 décembre 2006 et avait passé environ 17 heures dans le cabinet des juges, réfutant toute implication dans l’affaire Clearstream.
Les notes du général Rondot suggèrent l’implication de Dominique de Villepin dans une manipulation politique. Dans l’une d’elles datée du 26 mai 2004, le général Rondot relate un entretien avec Jean-Louis Gergorin du 4 mai 2004, au cours duquel ce dernier aurait affirmé « avoir reçu des instructions de Dominique de Villepin, huit jours auparavant, de ‘parler au juge van Ruymbeke’ ».
La même note évoque que Jean-Louis Gergorin aurait eu le 19 mai 2004 un entretien avec Dominique de Villepin qui se serait montré « jubilatoire mais surtout soucieux de ne pas apparaître dans le scénario ».
Enfin, dans une note du 30 juin 2004, le général Rondot explique qu’Imad Lahoud lui a affirmé le 28 mai 2004 que Jean-Louis Gergorin « aurait reçu les instructions de Dominique de Villepin, elles-mêmes formulées par le président de la République » (Jacques Chirac, ndlr), de « balancer Nicolas Sarkozy ».
En trois ans d’enquête sur ce dossier de dénonciation calomnieuse, devenu une affaire d’Etat, plusieurs personnalités ont été mises en cause, comme les présidents Chirac et Sarkozy (partie civile) ou l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin.
En mai et juin 2004, le juge Renaud Van Ruymbeke avait reçu des courriers anonymes et des listings d’opérations financières accusant faussement des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, de détenir des comptes occultes à l’étranger sur lesquels, selon ces courriers, auraient été versés, via l’organisme financier Clearstream, les pots-de-vin de la vente des frégates à Taiwan en 1991. Après avoir longtemps affirmé qu’il n'avait rien à voir avec les lettres anonymes et les listings, Jean-Louis Gergorin a finalement reconnu en mai 2006 en être l’expéditeur. Il a été mis en examen, comme Imad Lahoud, pour « dénonciation calomnieuse, faux usage de faux et recel d’abus de confiance et de vol ».

Francebourse.com – Alexandra Voinchet, avec AFP
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