Chaque année, le Salon Nautique de Paris, au Palais des Expositions de la Porte de Versailles, rassemble des dizaines de milliers de visiteurs, professionnels et amateurs de plaisance, détenteurs de bateaux ou simples curieux… La preuve que le secteur de la plaisance se porte relativement bien dans un pays qui a la chance de bénéficier d’un pourtour maritime des plus accueillants pour naviguer.
Certes, la plupart des bateaux croisant en mer ne sont pas fabriqués en France et battent pavillon étranger mais la France possède une industrie de la plaisance qui n’a pas à rougir, avec de grands noms comme Couach, Poncin Yacht, Zodiac ou encore Béneteau. Qui plus est, les littoraux français tirent les bénéfices économiques de cette activité estivale.
A voile, à moteur : le secteur de la plaisance regroupe des bateaux de taille et de caractéristiques différents, dans des niveaux de gammes variables.
Selon le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industries, « en 2004, en dépit d’un contexte économique peu favorable, le chiffre d’affaires global de la profession a progressé de 6,8 %, soit sensiblement plus que celui de l’ensemble de l’industrie manufacturière (3,9 %). »
D’après les données fournies par le constructeur français de yachts Couach, le marché du yacht est de plus en plus mature et devrait connaître une croissance soutenue pour les 10 prochaines années.
La demande a fait doubler la production mondiale de yachts tous les dix ans depuis 1970. Elle a été alimentée par l’augmentation du niveau de vie, l’apparition de nouvelles grandes fortunes, notamment dans des pays émergents tels que la Russie ou l’Asie, le développement des loisirs et favorisée par la création de nouvelles zones de navigations et de nouvelles infrastructures adaptées tout au long des 5 500 kilomètres de côtes françaises.
Si les yachts peuvent être à voile, la majorité des bateaux de ce type naviguant sont à moteur. Et les plaisanciers sont de plus en plus en demande de grands yachts, d’une longueur au moins égale à 30 mètres.
D’une manière générale, selon les dernières données du gouvernement disponible sur son site Internet, « la navigation de plaisance en mer représente une flotte d’environ 863 350 unités (au 31 août 2006 hors DOM-TOM) : 75 % sont des navires à moteur, 77 % sont des navires d’une taille inférieure à 6 mètres ».
Ces bateaux peuvent mouiller dans environ 470 ports et installations de plaisance en mer et une cinquantaine de ports et haltes fluviales. Soit environ 165 000 places recensées.
En décembre dernier, Dominique Perben, alors ministre des Transports, de l’Equipement, du tourisme et de la mer, remarquait que « les ports de plaisance contribuent en effet de façon déterminante au rayonnement touristique et au développement économique des stations du littoral. Tout en offrant des débouchés aux industriels de la construction nautique. » Mais que « leur capacité d’accueil actuelle est globalement insuffisante et que le déficit d'anneaux demeure élevé. » Il manquerait, selon Paris, quelques 54 000 anneaux.
Une filière nautique qui fait vivre près de 45 000 personnes
Selon les données gouvernementales, la filière nautique avec ses composantes – production, distribution, services – regroupait près de 4 800 entreprises, générait un chiffre d’affaires de 4,169 milliards d’euros et comptait près de 45 000 emplois en 2004.
La France est le second constructeur mondial de bateaux de plaisance et le premier en Europe. (…) Près de 62 % de la production est destinée à l’exportation, essentiellement vers l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie pour les pays de l’Union Européenne, et les Etats-Unis, peut-on lire dans une étude du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, datée de février 2006.
D’après les chiffres de l’OCDE, la France est le premier exportateur mondial pour la voile – une spécialité française, qui représente près de 60 % de la production nationale de bateaux de plaisance – et de pneumatiques et progresse dans la production de bateaux à moteur. En revanche, elle est au dixième rang pour la fabrication de yachts de luxe, loin derrière l’Italie, leader mondial. « 64 entreprises de 20 salariés et plus côtoient quelques 700 petits chantiers de moins de 20 personnes. Les cinq premières entreprises du secteur réalisent plus de 60 % du chiffre d’affaires. En 2004, avec un chiffre d’affaires de 1,3 milliards d’euros, le secteur de la construction de bateaux de plaisance représente 27 % de la construction navale ».
L’industrie nautique est fortement dépensière en termes de recherche et développement, un bon point qui lui permet de préserver voire de gagner des parts de marché. Matériaux composites (coques en carbone, en kevlar pour allier légèreté et sécurité), équipement électronique et informatique, amélioration des moteurs pour réduire les rejets polluants … : les bateaux sont de plus en plus performants.
Francebourse.com – Alexandra Voinchet
Retrouvez dans notre flux d’actualités une étude des principales valeurs concernées : Arcoa, Béneteau, Couach, Fountaine Pajot, Poncin Yachts, Rodriguez Group et Zodiac.