Drame dans le métro : la polémique sur la vidéosurveillance relancée
Article du 16/08/2007
Dramatique accident ou homicide. La mort du journaliste sportif italien Sergio Vantaggiato, 41 ans, victime dimanche d’une agression dans le métro parisien à la très touristique station Bir Hakeim – qui dessert, entre autres, la Tour Eiffel – relance la polémique sur la sécurité dans les couloirs souterrains du métro de la capitale.
Poussé ou trébuchant, Sergio Vantaggiato a lourdement chuté dans des escaliers heurtant les marches de sa tête. Il est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l’hôpital Saint-Louis.
Pour l’heure l’enquête piétine. Pas de témoin direct du vol du sac à dos du journaliste et de sa tentative de rattraper ses deux agresseurs qui s’est soldée par la chute de l’homme. Pas de trace vidéo. Les caméras présentes sur les lieux n’enregistrent pas et les opérateurs du PC sécurité de la station n’ont rien vu.
Parmi les premières réactions, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie a regretté que « Bir-Hakeim (soit) l’une des rares stations à Paris à ne pas être équipée de caméras », précisait-on au parquet.
Or la question de la vidéosurveillance, expérimentée à petites échelles dans certaines villes françaises – sans toutefois que les vidéos soient enregistrées pour être conservées – et à plus grande échelle ailleurs en Europe – à Londres, les caméras de surveillance vidéo ont permis de suivre à la trace les agissements des différents terroristes lors des attentats de 2005 et 2007 – est épineuse en France. D’un côté, elle présente un aspect dissuasif intéressant pour les autorités locales. En outre, les enregistrements vidéo peuvent être d’une aide précieuses lors des enquêtes policières.
De l’autre, nombreux sont les détracteurs qui anticipent une réduction de la liberté des citoyens. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a imposé des règles strictes pour éviter toute violation de la vie privée.
Pour Michèle Alliot-Marie, « il n’est pas question de vouloir tout couvrir, les libertés doivent être protégées, mais il est un certain nombre d’endroits où il faut savoir ce qu’il se passe ». Et d’ajouter : « Ce qui s’est passé à Londres est l’illustration de l’utilité de ce système, c’est un moyen de protection important et efficace contre le terrorisme, le banditisme et les violences contre les personnes ». A Londres, une même personne peut être filmée jusqu’à trois cents fois par jour.
D’ici janvier 2008, plus de 1 000 caméras de surveillance seront installées dans le métro et le RER parisien, selon ce qui est prévu, ce qui portera le total à 6 500 caméras. Les bus seront équipés eux de 18 000 caméras à terme. Ce renforcement de la vidéosurveillance a été au cœur des trois programmes d’investissements élaborés notamment avec le STIF (Syndicat des transports d’Ile-de-France)
Paris compte plus de 300 caméras sur la voie publique.