Affaire Clearstream : Dominique de Villepin à nouveau devant les juges
Article du 13/09/2007
L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin retourne aujourd’hui devant les juges de l’affaire Clearstream, au pôle financier du TGI de Paris. Une convocation clé pour l’élucidation de ce scandale politico-financier dans la mesure où Dominique de Villepin a déclaré qu’il apporterait à la justice « des éléments nouveaux ».
L’homme politique réfute pour l’heure toutes les accusations qui pèsent sur lui. Dans une note de 23 pages adressée hier aux juges où il expose sa ligne de défense, Dominique de Villepin affirme notamment n’avoir jamais demandé à Jean-Louis Gergorin de saisir la justice.
Il explique longuement que le dossier n’est pas politique et développe la thèse d’une manipulation industrielle sur fond de succession à la tête du géant aéronautique européen EADS.
Discréditant par là même les notes retrouvées dans l’ordinateur du général Philippe Rondot, témoin clé de l’affaire, au début de l’été. Ces notes suggèreraient une implication de Dominique de Villepin dans une manipulation qui a consisté à dénoncer la présence de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, dans un listing bancaire de la chambre de compensation Clearstream. Ces documents étaient en réalité des faux.
L’ancien chef du gouvernement sous la présidence Chirac indique que Nicolas Sarkozy, l’actuel président, ne représentait pas une « cible » à titre politique mais à titre industriel, en raison notamment de ses relations avec le groupe Lagardère. « L’instruction part d’un préjugé : toute la manipulation des listings, et donc leur falsification suivie de la saisine d’un juge, n’aurait poursuivi qu’un seul but, celui de nuire à Sarkozy. Il y a là une erreur d’aiguillage majeure », déclaraient hier ses avocats, Mes Olivier d'Antin et Luc Brossollet, dans une interview à l’AFP.
Une ligne de défense que prône Dominique de Villepin qui est invité depuis plus de deux semaines par différents média à l’occasion de la sortie de son livre sur Napoléon. « Une construction », « une machination » à l’égard de Nicolas Sarkozy, des procès-verbaux d’audition parus dans la presse « tronqués », Dominique de Villepin, mis en examen par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons pour « complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d’abus de confiance et complicité d’usage de faux », plaide sa cause sur la scène médiatique.
En outre, lors de sa mise en examen le 27 juillet, les juges ont imposé à Dominique de Villepin un contrôle judiciaire assorti d’une caution de 200 000 euros, sur lequel l’ancien Premier ministre a fait appel. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris examinera ce recours demain. Mercredi, le parquet général a indiqué à l’AFP qu’il allait requérir le rejet de la caution, tout en demandant la confirmation de l’interdiction de rencontrer certaines personnes.