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Affaire Clearstream : Dominique de Villepin retournera devant les juges en octobre

Article du 14/09/2007

Après huit heures d’audition, Dominique de Villepin sait déjà qu’il retournera devant les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons. Toutes les questions n’ayant pu être abordées, une nouvelle audition est prévue « dans le courant du mois d’octobre », a indiqué Dominique de Villepin à la presse à sa sortie du pôle financier du TGI de Paris.
Pour autant, cette audition a, selon l’ancien chef du gouvernement, « permis de faire un grand pas vers la manifestation de la vérité ». Dominique de Villepin, poursuivi depuis le 27 juillet pour « complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d’abus de confiance et complicité d’usage de faux », nie toute implication dans une quelconque conspiration destinée à déstabiliser l’actuel chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, partie civile dans le dossier.
Dans une note de 23 pages adressée mercredi aux magistrats instructeurs, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac réfute cette thèse estimant que le dossier Clearstream n’est pas politique mais qu’il s’agit d'une manipulation industrielle sur fond de succession à la tête du géant aéronautique européen EADS
Toutefois, Dominique de Villepin met en cause Nicolas Sarkozy, en estimant que l’ancien ministre de l’Intérieur, informé plus tôt qu’il ne l’affirme de l’existence d’une manipulation, a donné une orientation politique à un dossier qui, dit-il, a été « privatisé au profit d’une seule partie civile ».
« On peut constater la force avec laquelle Nicolas Sarkozy s’est présenté en victime et même en seule victime de ce dossier et, concomitamment, la rapidité avec laquelle l’attaque a été lancée contre moi, sans aucun élément de preuve concret, mais en s’appuyant sur un pseudo ‘mobile’ politique »
, constate dans sa note l’ancien Premier ministre. « Si j’avais intérêt à nuire à Nicolas Sarkozy, ne peut-on imaginer que Nicolas Sarkozy avait intérêt à me nuire ? », poursuit-il.
Nicolas Sarkozy a fait savoir hier par la voix de son porte-parole David Martinon qu’il ne retirerait pas sa plainte.
Pour autant, les notes retrouvées en juin dernier à l’issue d’une expertise de l’ordinateur du général Rondot, témoin clé de l’affaire, suggèrent une implication de Dominique de Villepin dans une manipulation qui a consisté à dénoncer faussement la présence de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, dans un listing bancaire de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream.
Jean-Louis Gergorin, ex-vice président d’EADS, mis en examen dans le dossier, a notamment affirmé aux magistrats en juillet avoir transmis de manière anonyme le fameux listing au juge Renaud van Ruymbeke à la demande de Dominique de Villepin, qui lui aurait fait part d’une « instruction » du président Chirac.
Pour l’ex-Premier ministre, le dossier Clearstream n’est pas politique mais industriel.
Selon lui, si le nom de Nicolas Sarkozy est cité - le nom de l’actuel chef de l’Etat est en effet mentionné, sous une forme indirecte (Nagy-Bocsa, ndlr) au milieu de nombreuses personnalités dans les fameux listings dénonçant à la justice en 2004 les pseudo-bénéficiaires de pots-de-vin de la vente de frégates à Taiwan en 1991-, c'est en raison de ses anciennes fonctions de ministres du Budget puis de l’Economie et ses liens avec le groupe Lagardère.
Pour Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy n’a pas dit toute la vérité sur sa connaissance de l’affaire.
L’homme politique avait été entendu pour la première fois le 21 décembre 2006 par les deux magistrats du pôle financier. Il avait déjà regretté « l’instrumentalisation politique » de l’affaire.

Francebourse.com, avec AFP
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