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Ouverture du 08 jan 2009
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Grippe aviaire : La France renforce son dispositif contre le H5N1
Alors qu’en Grande-Bretagne les 159 000 volailles de l’élevage contaminé, situé dans le Suffolk dans le Sud-Est du pays, ont été abattues, les Européens s’inquiètent de voir le virus H5N1 arriver sur le continent.Hier, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a rendu un avis d’évaluation de la situation et du niveau de risque en France et a recommandé le passage du niveau de risque « Négligeable 2 » au niveau de risque « Faible ». Ce changement de niveau prévoit un renforcement de la surveillance active et passive (surveillance des oiseaux sauvages), des captures supplémentaires d'oiseaux pour la surveillance, la mobilisation de l'ensemble du public pour déclarer les oiseaux sauvages trouvés morts. Il prévoit l'interdiction des lâchers de pigeons avec départ ou survol d'un pays où des cas sont apparus. Le transport des appelants, des oiseaux d'eau, canards surtout, élevés par les chasseurs en vue d'être utilisés sur les plans d'eau pour attirer leurs congénères sauvages est interdit.
Ces mesures s'ajoutent à celles déjà en vigueur : la protection de l’alimentation et de l’eau des animaux pour éviter tout contact avec la faune sauvage, ainsi que la non utilisation des eaux de surface pour l’abreuvement ou le nettoyage.
Comme prévu dans la grille d'évaluation annexée à son avis du 12 septembre 2006, la France est dotée d’une échelle de six niveaux pour les mesures de protection et de surveillance : négligeable 1, négligeable 2, faible, modéré, élevé, très élevé.
Des précautions supplémentaires
L'AFSSA souligne également que le risque de propagation de l’épizootie aviaire sera fonction des mesures de contrôle prises par la Grande-Bretagne, première touchée. « Dans ce contexte, le risque immédiat que représente ce foyer pour la France et l’ensemble des Etats-membres de l’Union Européenne dépend essentiellement de la capacité des autorités britanniques à le contrôler, puisqu’elle déterminera la possibilité de maîtriser la circulation du virus H5N1 aussi bien chez les oiseaux d’élevage que dans l’avifaune locale (notamment aquatique) », écrit l’AFSSA. « Dans les jours et semaines à venir, toute indication d’évolution péjorative de la situation en Grande Bretagne, comme l’apparition de cas dans la faune sauvage ou dans les élevages, conduira l’AFSSA à une réévaluation du niveau de risque », souligne le communiqué.
Dominique de Villepin doit réunir dans la journée les Ministres concernés par la grippe aviaire pour définir « le dispositif qui sera mis en place dans les prochains jours en fonction des résultats de l’enquête engagée par les autorités britanniques et de la concertation européenne. »
Déjà, les éleveurs de volaille français s’inquiètent du phénomène d’emballement qui avait alimenté la crainte des consommateurs l’année dernière et fait diminuer la consommation de volaille de manière drastique en février 2006. « Il ne faut pas dramatiser mais il faut dire la vérité, (...) le fait que nous disons la vérité, que se mobilisent les éleveurs, toute la filière, le réseau vétérinaire, a fait que la crise a été difficile (...) mais que c’est en France que la consommation a repris le plus vite » en 2006, a déclaré le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau.
Avec un chiffre d'affaires cumulé estimé à 6 milliards d'euros par an, la filière avicole française compte une trentaine de milliers d’élevages professionnels qui produisent 700 millions de volailles par an.
Déjà en Europe et dans le monde, plusieurs mesures d’embargo et de restriction ont été adoptées. Après le Japon - qui a importé en 2006 plus de 160.000 volailles britanniques -, la Russie a décidé d'interdire toutes les importations de volailles vivantes et de viande de volaille en provenance de Grande-Bretagne. Les Pays-Bas et la Norvège ont pris des mesures de restriction commerciale et impliquant des modifications dans leurs élevages nationaux.
Plus inquiétant, en Egypte, un adolescent est décédé dans la nuit d’hier à aujourd’hui des suites de l’infection par le virus H5N1, portant à douze le nombre de personnes mortes après avoir contracté la maladie dans ce pays, a annoncé le ministère égyptien de la Santé.
Francebourse.com – Alexandra Voinchet
