Société : Coup de chiffon sur le logiciel de police « Ardoise »
Article du 23/04/2008
Devant le tollé qu’il a provoqué, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a décidé de suspendre l’expérimentation du logiciel de police « Ardoise »
Cet outil informatique, destiné à alimenter un futur fichier commun police-gendarmerie, devait mettre en évidence un certain nombre de données et de profils, classés par rubriques et destinés, selon ses concepteurs, à « cerner » la victime ou le présumé auteur des faits.
Mais le rubriquage adopté est fortement sujet à polémique : le policier est en effet invité à cliquer par exemple sur « mineur en fugue », « sans domicile fixe », « personne âgée », « permanent syndical », « membre d’une secte », « transexuel » ou « homosexuel »…
De nombreuses associations et un syndicat de police, Alliance, ont ainsi jugé ce logiciel discriminatoire et exprimé leurs craintes de « dérives ».
La ministre a précisé, par la voix de son entourage, qu’elle souhaitait prendre en compte « les besoins opérationnels » des services de police et de gendarmerie et entamerait « une réflexion, avec l’expertise de la direction centrale de la police judiciaire, pour réétudier ces points et leur éventuelle pertinence réelle avec les besoins des enquêtes ».