France Bourse
Abonnez-vous

eFront : La société poursuit sa conquête commerciale

Article du 13/06/2008

Mnemo : ALEFT


Décembre 2006 : la direction d’eFront réunit la presse financière sur les Champs-Élysées pour présenter leur société à quelques jours de son introduction en Bourse sur le marché d’Alternext. Depuis, cette société éditrice de logiciels dédiés au monde de la finance, plus précisément à la banque, l’assurance et le Private Equity, a fait un chemin plus qu’honorable sur le plan commercial.

Une IPO au service du développement

eFront voit le jour en 1999, sous la houlette d’Olivier Dellenbach, fondateur et PDG. eFront édite des solutions logicielles dédiées aux métiers de la Finance.

Au niveau de ses métiers, eFront s’est spécialisée dans la gestion commerciale (CRM), la gestion des risques (GRCM) et la gestion intégrée du Private Equity. Et a développé plusieurs produits phares. Aujourd’hui, son portefeuille produits se décompose comme suit :
- FrontInvest, développé récemment pour la Gestion Alternative et qui intègre Front Venture (2001), solution intégrée pour le Private Equity, utilisée dans 20 pays. FrontInvest couvre l’ensemble des activités de front, middle et back-office et décline des applications adaptées aux différents acteurs du marché. Outre FrontVenture, l’offre FrontInvest comprend FrontRE (pour les fonds d’investissement immobilier), FrontHedge (pour les fonds de Hedge Funds) et FrontAdministrator (pour les administrateurs de fonds).
- FrontGRC (Gouvernance, Risques, Conformité), solution modulaire pour la Banque qui couvre l’ensemble des besoins fonctionnels des intervenants dans la Gestion des Risques, de la Gouvernance et de la Conformité, via cinq solutions métier : Gestion des Risques Opérationnels, Audit, Contrôle Interne et Conformité, Gouvernance Juridique, Plan de Continuité d’Activité. FrontGRC comprend en outre un module de reporting automatique.
- FrontCRM pour l’Assurance est une solution de Gestion de la Relation Client.
- FrontReport, gamme de solutions de « reporting » qui, en automatisant l’ensemble de la chaîne de « reporting », génère des gains de productivité, de fiabilité...
- Front Studio permet de développer des applications financières interactives exploitant la technologie Web 2.0 Ajax.

« Nous nous positionnons sur des thématiques qui vont se développer au cours des prochaines années », expliquait Olivier Dellenbach, le PDG d’eFront lors de la réunion d'information pré-IPO du 5 décembre 2006.
Les solutions eFront sont aujourd’hui utilisées par plus de 150 clients répartis dans 22 pays, dont des références majeures du Private Equity, de l’Investissement Immobilier, de la Banque et de l’Assurance.
Portée par l’essor des investissements IT dans la finance et par un développement de premier plan au niveau européen, eFront grossit. De 2003 à 2007, la société connaît même une croissance de 40 % par an en moyenne.

En rentrant sur Alternext, eFront souhaitait renforcer sa capacité financière pour accélérer sa croissance organique et financer sa croissance externe. Il s’agissait également pour la société d’asseoir sa notoriété et d’accroître sa visibilité auprès d’éventuels clients, enfin de conquérir le marché européen.
eFront s’est introduit sur Alternext le 15 décembre 2006.

Un exercice 2007 fidèle au « business plan »

Le chiffre d’affaires proforma d’eFront en 2007 a avoisiné les 12,4 millions d’euros, en progression de 40 % par rapport à 2006. « En données publiées, la croissance atteint 34 % : elle intègre pour 0,4 million d’euros le chiffre d’affaires annuel de la société WebHolding acquise en avril 2007 et l’apport de la branche RH à Vedior Front RH intervenu fin 2006 » , expliquait alors le communiqué de presse dédié.
En 2007, le groupe a travaillé à enrichir son offre FrontGRC (Gouvernance, Gestion des Risques et Conformité) « en y intégrant la gestion juridique (apportée par l’acquisition de WebHolding) et de nouvelles fonctionnalités produit», spécifie eFront.
La société a également constatée une « percée » de son offre CRM/Poste de travail à destination de l’Assurance.

Le résultat net part du groupe est ressorti en 2007 à 1,7 million d’euros, en baisse par rapport à un résultat net 2006 de 2,7 millions. Pour rappel, ce dernier avait été gonflé par un produit exceptionnel de 2 millions d’euros provenant de l’apport d’une branche d’activité à la société Vedior Front RH.
2007 a été marquée par une hausse des investissements stratégiques (internationalisation, acquisition, recrutement, mise en oeuvre d’une démarche qualité externalisée). Sur l’ensemble de l’année, les frais de R&D ont représentés 2,11 millions d’euros, soit 16,5 % du chiffre d’affaires contre 14 % en 2006.
Le montant global des charges courantes s’est élevé à 12,35 millions d’euros, en progression de 60,1 % par rapport celui de l’année 2006.
La marge d’exploitation atteint 10 % et le résultat d’exploitation se monte à 1,29 million d’euros en 2007, contre 1,63 million en 2006 (proforma).

Le premier semestre a été marqué par un dynamisme très fort de l’activité Private Equity, avec plus de 15 nouveaux clients dans 6 pays. La société a ainsi réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 5,4 millions d’euros, en progression de 20 % par rapport au chiffre d’affaires publié au premier semestre 2006.
En proforma, retraité de l’apport de la Branche RH à Vedior Front RH intervenu fin 2006 et hors chiffre d’affaires de l’activité WebHolding acquise en avril 2007, la croissance organique s’est élevée à 32 %.
L’activité Private Equity a représenté à elle seule près de 70 % du chiffre d’affaires sur la période, en croissance de 56 % par rapport à 2006.

Sur le second semestre, la société a réalisé un chiffre d’affaires proforma d’environ 7 millions d’euros, en croissance de 46 % par rapport au second semestre 2006. « L’activité a bénéficié des efforts d’investissements commerciaux réalisés au premier semestre de l’exercice », explique-t-elle.

Par ailleurs, cette performance sur l’exercice 2007 repose sur une forte progression des activités à l’international, qui ont représenté désormais 45 % du chiffre d’affaires global, contre 35 % en 2006.

Enfin, 2007 a vu une augmentation de la part du revenu de licence qui représente 46 % du chiffre d’affaires total contre 32 % en 2006.

Avec une trésorerie nette de 7,21 millions d’euros et des capitaux propres de 17,04 millions au 31 décembre 2007, en progression de 20,5 % par rapport à 2006, la société bénéficie d’une situation bilancielle saine et d’une forte capacité d’endettement, qui doivent lui servir à mener sa politique de croissance externe notamment.

De nouveaux déploiements

En février dernier, eFront a annoncé le lancement de FrontInvest, suite de solutions destinées aux différents segments de la Gestion Alternative.
« Constatant un fort développement des besoins de ses clients sur des activités connexes au Private Equity, la société capitalise sur son expertise métier et sur la flexibilité de sa plateforme technologique et étend son offre à des marchés à fort potentiel et peu concurrentiels », expliquait eFront.
FrontInvest se décline en quatre solutions :
- FrontVenture : offre historique d’eFront, leader en Europe, est destinée au Private Equity, au Capital Risque et aux Fonds de Fonds
- FrontRE : conçue pour les Investisseurs Immobiliers, inclut des capacités renforcées pour la gestion des investissements structurés
- FrontHedge qui s’adresse aux Fonds de Hedge Funds, avec notamment des fonctionnalités avancées de benchmark et de sélection de fonds
- et FrontAdministrator qui met l’accent sur les besoins de l’administration de Fonds comme le compartimentage des données client, le reporting, ou la comptabilité.
« Indépendantes mais s’intégrant parfaitement l’une à l’autre le cas échéant, ces quatre solutions profitent d’un socle technologique unique pour répondre aux besoins de fonds diversifiés, par exemple en Private Equity et en actifs immobiliers », poursuit le communiqué de presse dédié.
« Le lancement de FrontInvest traduit les succès récents d’eFront auprès de sociétés opérant hors du cadre strict du Private Equity. » « L’offre FrontInvest bénéficie aujourd’hui de l’expérience acquise par eFront auprès de plus de 120 clients opérant dans le LBO, le Capital Risque, le Fonds de Fonds, l’Immobilier et l’Administrateurs de Fonds », pouvait-on encore lire.

En mars dernier, eFront a ouvert une filiale à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis. Il s’agit de la troisième entité eFront à l’étranger après l’ouverture de filiales à Londres (implantation historique) et Jersey (depuis juin 2007). Cette implantation à Jersey a ouvert la voie à de nouvelles prises de position sur le marché des administrateurs de fonds.
La filiale basée à Dubaï doit elle intervenir dans les pays du Golfe, au Moyen-Orient et en Asie. Elle doit permettre à eFront d’accompagner localement ses clients dans la mise en oeuvre de ses solutions, à l’instar d’Istithmar World, l’une des principales sociétés de gestion d’actifs de la région.
Depuis l’an dernier, eFront collabore avec Istithmar, l’une des principales sociétés de gestion d’actifs des pays du Golfe. Ce partenariat représente pour eFront une caution prestigieuse pour sa solution FrontVenture (secteur du Private Equity) et une base importante pour le développement de son activité au Moyen-Orient.
« L’entité basée à Dubaï apporte également à eFront un accès privilégié à l’une des industries financières les plus dynamiques au monde. Les marchés de l’investissement alternatif et immobilier représentent au Moyen-Orient et en Asie des potentiels de développement importants pour la suite logicielle FrontInvest d’eFront. A titre d’exemple, Dubaï regroupe aujourd’hui près d’une soixantaine de sociétés de Private Equity, dont les actifs sous gestion ont doublé chacune de ces dernières années et dépassent aujourd’hui 21 milliards de dollars », justifie eFront.

Un premier pas dans la croissance externe

Le tournant vers la stratégie de croissance externe était annoncé dans le communiqué de presse du groupe qui faisait état de ses résultats annuels 2007. Et c’est chose concrétisée désormais. eFront vient d’annoncer une opération de croissance externe majeure avec l’acquisition de la société allemande VC on target.
VC on target est présenté comme « un acteur expérimenté, spécialisé dans les services et le déploiement de solutions logicielles sur le marché allemand du Private Equity et du Capital Risque ». Créée en 1998, la société a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires de 500 000 euros.
En Allemagne et en Autriche, VC on target était déjà le distributeur exclusif de la solution FrontVenture d’eFront. Cette opération devrait donc permettre à eFront « de bénéficier d’une présence opérationnelle immédiate sur le marché des solutions de Gestion Alternative en Allemagne », explique ce dernier. Elle lui apportera un support local de très haut niveau et constitue un levier important pour accélérer le développement commercial et la mise en œuvre des solutions eFront en Allemagne, en Autriche et en Suisse alémanique. Dans le même temps, cette acquisition apporte à eFront un bureau à Bonn, le quatrième à l’étranger.
eFront se dit ainsi mieux armé pour travailler sur le marché du Private Equity allemand, marché qui connaît, selon le groupe, « un développement très rapide » avec 4,2 milliards d’euros levés en 2007 contre 2,8 milliards en 2006. Cela représente un potentiel commercial important pour la gamme FrontInvest.

Objectifs 2008

Pour les années à venir, eFront entend favoriser la poursuite d’un développement soutenu de son chiffre d’affaires.
« En 2008, le groupe anticipe une nouvelle croissance significative de ses ventes. Cette performance sera répartie sur l’ensemble des lignes de produits d’eFront, avec une contribution toujours prépondérante de FrontVenture, offre dédiée à la gestion des investissements dans le Private Equity, les actifs alternatifs et l’immobilier », expliquait la direction du groupe lors de la publication de ses résultats annuels 2007.
Pour Olivier Dellenbach, eFront ne devrait pas souffrir de la crise financière actuelle qui, au contraire, lui « apporte de nouvelles opportunités. L’environnement actuel va inciter les milieux financiers à renforcer leurs processus de contrôle et de reporting. eFront entend y contribuer dans les domaines du Private Equity, de la Banque et de l’Assurance », déclarait-il alors dans le communiqué de presse. Dans un environnement conjoncturel incertain, l’offre d’eFront répond en effet aux besoins croissants des clients en termes de structuration et de sécurisation des processus d’investissement. En outre, FrontGRC, la suite de Gouvernance et de Gestion des Risques, permet aux institutions financières de renforcer leurs processus de contrôle interne.
En 2008, cette croissance reposera notamment sur « l’accélération du développement à l’international » via ses récentes implantations géographiques et vise également l’Amérique du Nord.
eFront met en avant sa « politique dynamique d’enrichissement des produits et un pôle R&D performant. »
La société bénéficiera également de la montée en puissance de sa gamme de solutions FrontInvest.


Francebourse.com – Alexandra Voinchet
Sur le même sujet
Nos portefeuilles
Performances actualisées le 03/05/2026
Croissance : +1003.5%
Depuis sa création en 2001
Rendement : +422%
Depuis sa création en 2012
Déposées à la Bibliothèque Nationale de France
Actuellement
Recommandation
Suivi de recommandation
Recommandation
Analyses technique
Analyses fondamentales