Tour de France: Ricco mis en examen pour utilisation de substance vénéneuse
Article du 18/07/2008
Riccardo Ricco, convaincu de dopage sur le Tour de France et placé en garde à vue jeudi, a été mis en examen vendredi à Foix pour "utilisation de substance classée vénéneuse", a annoncé le procureur de la République de Foix.
L'équipe Saunier Duval avait auparavant annoncé vendredi le licenciement des coureurs italiens Riccardo Ricco, déclaré positif à un contrôle antidopage dans la 4e étape du Tour de France, et Leonardo Piepoli.
Tous deux ont violé le code éthique de l'équipe, a précisé dans un communiqué Mauro Gianetti, manager de la formation espagnole.
Riccardo Ricco, convaincu de dopage sur le Tour de France, est entré peu avant 15H00 vendredi au palais de justice de Foix où il doit être présenté au parquet, a constaté un journaliste de l'AFP.
Encadré par une dizaine de gendarmes, Riccardo Ricco, apparemment détendu, n'a fait aucune déclaration à la presse à son entrée au tribunal.
L'ensemble de l'équipe s'est retirée jeudi matin à Lavelanet du Tour de France après l'annonce du contrôle positif (EPO) de Ricco, son leader.
Gianetti, dont la responsabilité de chef d'équipe a été mise en cause de façon presqu'explicite par le directeur du Tour Christian Prudhomme, s'est défendu dans son communiqué mentionnant en titre que "l'équipe est totalement étrangères aux pratiques dopantes".
Le manager a déclaré partager "la surprise générale et l'amertume suscitées par ce triste événement", comprendre "la réaction du directeur du Tour de France" et souffrir "d'avoir été dupé par quelqu'un à qui il avait donné sa confiance".
Gianetti a ajouté avoir mené "personnellement une enquête suite à laquelle il a, non seulement, perdu la confiance de Ricco mais aussi celle de Piepoli pour violation du code éthique de l'équipe".
"Nous avons toujours prêté énormément d'attention à la surveillance de nos coureurs, exigeant d'eux une conduite sportive irréprochable. Lors de l'élaboration des contrats, nous mettons comme condition préalable, la rigueur éthique totale", s'est justifié le manager.
"Nous avons reçu un maximum de garanties de la part de nos coureurs, même de Ricco qui a juré sur la tête de sa mère qu'il n'aurait jamais recours à des pratiques illégales en vue d'améliorer ses performances. Malgré tous les efforts que nous avons déployés avec des moyens externes et internes à l'équipe, nous n'avons pas réussi à éviter cette situation déplorable", a poursuivi Gianetti.
Le responsable de Saunier Duval a déclaré se sentir victime "de l'irresponsabilité de ces personnes qui, avec une envie criminelle de résultats, mettent en danger l'investissement en millions des sponsors mais aussi les perspectives professionnelles de dizaines d'honnêtes travailleurs".
La formation espagnole avait remporté les deux premières étapes de montagne dans les Pyrénées, avec Riccardo Ricco (Bagnères-de-Bigorre) et Leonardo Piepoli (Hautacam) lequel s'était imposé devant l'un de ses coéquipiers, l'Espagnol Juan Jose Cobo.
Pour l'heure, les instances françaises n'ont officialisé qu'un seul cas positif dans cette équipe, celui de Ricco dans le contre-la-montre de Cholet le 8 juillet.
Piepoli, très lié avec Ricco, a été contrôlé lui aussi à plusieurs reprises pendant le Tour.
Agé de 36 ans, Piepoli courait pour Saunier Duval depuis 2004.