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OMC : Les négociations de Genève ont encore échoué

Article du 30/07/2008

Les négociations engagées depuis neuf jours à Genève pour tenter de trouver un accord dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ont finalement échoué faute d’accord sur le dossier agricole entre pays riches et certains pays en développement.
Entamées en novembre 2001 à Doha au Qatar, les négociations sur la libéralisation du commerce mondial auraient dû en principe s’achever fin 2004. Pascal Lamy, le dirigeant de l’OMC, avait décidé à la fin juin de convoquer les pays membres à compter du 21 juillet pour tenter de trouver un accord. Il avait alors évalué les chances d’accord à plus de 50 %.
Le cycle de Doha a déjà connu un autre échec retentissant en septembre 2003 lors de la conférence de Cancun (Mexique) qui s’était déjà transformée en affrontement Nord-Sud autour de la question agricole.
Pourtant, cette fois-ci, les différents pays n’ont jamais été aussi proches d’une position commune. Les négociateurs sont arrivés très près d’un accord vendredi dernier avant de buter sur l’écueil constitué par l’opposition entre les Etats-Unis et de grands pays émergents tels que l’Inde sur la question du mécanisme de sauvegarde en agriculture. Ce mécanisme de sauvegarde permet aux pays en développement d’appliquer des tarifs exceptionnels sur des produits agricoles face à une forte hausse des importations ou une baisse des prix afin de protéger leurs propres producteurs. New Delhi, rejointe par les pays du G33 (pays en développement très dépendant de quelques produits agricoles) souhaitait que le seuil de déclenchement soit placé assez bas mais Washington s’y opposait, estimant que le mécanisme pourrait dans ce cas devenir un outil protectionniste.
La représentante américaine au Commerce Susan Schwab a souligné hier que « les propositions américaines » étaient « toujours sur la table. Nous attendons des offres réciproques ». A l’inverse, les pays en développement ont rejeté la responsabilité de l’échec des discussions sur les Etats-Unis.
Les négociations de Genève ont également permis de mettre à jour d’importantes divisions au sein de l’Union Européenne. Il revenait au commissaire européen chargé du commerce, Peter Mandelson, de négocier au nom des 27 pays de l’UE mais plusieurs d’entre eux n’ont pas hésité à annoncer, alors même que se déroulaient les négociations, qu’ils ne se ralliaient pas aux grandes lignes de l'accord alors en discussion. En tête de ce camp la France qui exerce pourtant la présidence semestrielle de l’UE. Un « club des volontaires » s’est même constitué lundi, regroupant l’Italie, la France, l’Irlande, la Pologne, la Hongrie, la Grèce, le Portugal, la Lituanie et Chypre dans le but de faire pression sur Peter Mandelson.
Conclusion de cette vaine session : les chances d’un accord se sont encore réduites. Pour le ministre du commerce néo-zélandais Phil Goff, il ne faut pas s’attendre à une « conclusion du cycle de négociations cette année ».

Francebourse.com, avec AFP
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