Naufrage du Bugaled Breizh : Un sous-marin sans doute en cause
Article du 31/07/2008
Pour les juges chargés de l’affaire du chalutier Bugaled Breizh, l’hypothèse d'un naufrage après une croche avec un sous-marin nucléaire d’attaque était « hautement probable », a affirmé Me Christian Bergot, avocat des familles. Les juges s’appuient sur un rapport remis le 15 juillet par un officier sous-marinier à la retraite, Dominique Salles, qui estime que « la cause hautement probable du naufrage est celle d’une croche avec un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) », a ajouté Me Bergot, à l’issue d’une rencontre avec les magistrats. « Seuls les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France ont des SNA », a-t-il poursuivi, accusant militaires et gouvernement français « de masquer la vérité ».
Il faut dire que cette affaire n’en finit pas de remuer de vagues. De nombreuses explications ont tour à tour été données pour expliquer ce naufrage qui reste encore non totalement élucidé. Le 15 janvier 2004, le chalutier breton, avec cinq hommes à bord, coule en quelques minutes au large de l’Angleterre dans une zone où se déroulent à la fois des exercices de l’OTAN et des exercices britanniques impliquant des sous-marins.
Preuve également de la complexité de ce dossier : après plus de quatre ans d’instruction, les juges Foltzer et Corre ont demandé leur mutation. C’est dans le cadre d’une dernière rencontre avec les parties civiles avant leur départ qu’ils ont fait état de leur sentiment. Ils ont la conviction d’avoir identifié la cause du naufrage sans pour autant désigner le coupable et déposeront, dans les jours prochains, un avis de fin d’instruction. Les parties civiles disposeront alors de trois mois pour demander aux nouveaux juges qui prendront le relais d’effectuer ces actes d’instruction, une étape nouvelle vers la recherche de la vérité, selon Me Bergot.