L'UMP affiche l'"unité" et appelle au rassemblement derrière Nicolas Sarkozy
Article du 07/09/2008
Les ténors de l'UMP se sont à nouveau employés dimanche à afficher leur "unité" au "Campus" des "Jeunes populaires", appelant au rassemblement derrière Nicolas Sarkozy face à un Parti socialiste qu'ils critiquent comme "sans idée" et "divisé".
Le secrétaire national du PS à l'égalité, Faouzi Lamdaoui, a qualifié dimanche de "bal des hypocrites" le "Campus" de l'UMP qui s'est tenu à Royan, ironisant sur les déclarations répétées "d'unité" des responsables du parti majoritaire.
L'UMP a aussitôt réagi en affirmant que M. Lamdaoui "vient de démontrer toute l'amertume des responsables du parti socialiste à devoir constater le succès du campus UMP de Royan".
En clôturant cette université d'été à Royan (Charente-Maritime), le premier d'entre eux, François Fillon, a insisté, comme tous ceux qui l'avaient précédé à la tribune depuis vendredi, sur le "contraste saisissant" avec celle des socialistes à La Rochelle, une semaine plus tôt.
"Nous sommes en initiative", "unis", "en quête de modernité". Les socialistes "sont dans l'inaction", "divisés" et "enferrés dans le passé", a lancé le Premier ministre devant plus d'un millier de jeunes militants enthousiastes, et plusieurs membres de son gouvernement.
Il a invité son parti à faire preuve de "créativité", soulignant qu'il n'y a "pas de succès politique sans domination intellectuelle".
"Il n'existe au Parti socialiste qu'un seul sujet d'unité: la critique systématique du président de la République" Nicolas Sarkozy, a-t-il ajouté, exhortant les militants à "se tenir droit" au côté du chef de l'Etat.
Le vice-président du parti majoritaire, Jean-Pierre Raffarin, a joint sa voix à cet appel en marge du "Campus": "si on était divisés, on freinerait l'action du président".
Nicolas Sarkozy "a besoin d'un pays rassemblé pour renforcer l'influence de la France", et face à "une crise de la croissance mondiale, il faut aussi être mobilisé" car "les Français veulent qu'on aide le président et pour ça il faut être rassemblé", a ajouté l'ancien chef du gouvernement.
Patrick Devedjian s'est lui aussi fait le chantre de l'unité et du rassemblement, se disant "fier" et "heureux", d'être "au coeur d'une équipe soudée et complémentaire".
"Ce n'est pas tous les jours facile d'être le parti majoritaire", a ajouté le secrétaire général, cible de toutes les critiques depuis son accession à la tête de l'UMP dont, a-t-il répété devant la presse, Nicolas Sarkozy reste l'"inspirateur".
"Nous ne sommes pas trop nombreux pour faire avancer notre grand parti, qui doit sans arrêt conquérir les nouveaux espaces", a-t-il répondu aux détracteurs de la direction "pléthorique" de l'UMP.
Et d'ajouter à l'intention de ceux qui s'interrogeaient sur son éventuel départ, et "voulaient la symétrie de La Rochelle à Royan": "vous (militants de l'UMP) leur avez imposé le contraste".
Tout au long de cette université d'été, rebaptisée "Campus" pour mettre la nouvelle génération en avant, les ténors de l'UMP se sont donc employés à gommer les divisions et multiplier les appels à la mobilisation des militants, alors que les adhésions sont en chute depuis 2007, année de la présidentielle (210.000, contre 370.000 fin 2007).
Les dirigeants ont minimisé, en particulier, les divergences sur le financement du futur Revenu de solidarité active (RSA). Un sujet qui devrait toutefois ressurgir à la rentrée parlementaire, à partir du 22 septembre.
Le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, souvent cité comme possible successeur de Jean-Pierre Raffarin ou de Patrick Devedjian, a déclaré en marge du "Campus" qu'il n'était "candidat à aucun poste" et "souhaitait agir aux côtés du président de la République et avec la famille majoritaire".
Seul accroc à l'unité affichée tout au long de cette université d'été: la réplique ironique de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, à son collègue Hervé Morin, après les "interrogations" du ministre de la Défense sur le fichier Edvige.
"Les leçons d'unité données par l'UMP au Parti Socialiste tout au long du week end sont parfaitement risibles et le Campus de l'UMP a tout du bal des hypocrites", a déclaré le secrétaire national du PS à l'égalité, Faouzi Lamdaoui, dans un communiqué.
"Le leadership de Patrick Devedjian est contesté quotidiennement, les couteaux sont sortis pour la présidence du Sénat et la grogne des élus UMP est permanente sur le RSA ou les cartes judiciaire et militaire. Même l'élection du nouveau président des Jeunes Populaires a donné lieu à un psychodrame," estime M. Lamdaoui.
"Le gouvernement lui-même est divisé entre le +G7+ de Nicolas Sarkozy et le reste des ministres", poursuit-il.
M. Lamdaoui a aussi "dénoncé l'insupportable auto-satisfaction affichée lors du Campus de l'UMP: alors que les Français souffrent des mesures catastrophiques de la droite, l'UMP s'auto-célèbre de façon indécente".
Dominique Paillé, l'un des porte-parole de l'UMP, a répliqué dans un communiqué qu'au cours des journées de Royan, "l'UMP a non seulement démontré la réalité de son unité derrière le président de la République, mais également sa capacité à débattre dans le respect mutuel ainsi que sa force de proposition".
"La réussite de ce campus ringardise le PS et ses récentes universités d'été de la Rochelle", a-t-il poursuivi. "Céder à la jalousie tel que le démontre M. Lamdaoui ne fera pas progresser son parti sur la voie d'une sérénité constructive", a-t-il dit.