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Audiotel
0899 70 24 42
Ouverture du 19 nov 2008
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
Le sauvetage de Freddie et Fannie, nouvelle entorse au credo libéral des USA
Six mois après avoir organisé le sauvetage de Bear Stearns, l'administration américaine a fait dimanche une nouvelle entorse à ses convictions libérales en se disant prête à apporter jusqu'à 200 milliards de dollars à Fannie Mae et Freddie Mac pour leur éviter la faillite.Le sauvetage de la banque d'affaires Bear Stearns, en mars, avait été conduit de manière inédite par la Réserve fédérale américaine (Fed), qui avait accepté de financer son rachat par une de ses concurrentes, JPMorgan Chase, en lui apportant 30 milliards de dollars de liquidités.
Avec le dispositif de sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac annoncé dimanche par le ministre du Trésor américain Henry Paulson, les choses prennent une toute autre ampleur. Même s'il est probable que l'enveloppe de 200 milliards de dollars débloquée ne sera pas nécessairement consommée intégralement, ce plan s'annonce comme l'un des renflouements de sociétés privées les plus coûteux jamais menés dans l'histoire de la finance mondiale.
Le sauvetage de Bear Stearns avait suscité une forte vague de critiques aux Etats-Unis, et le président de la Fed, Ben Bernanke, mis sur la défensive, avait été contraint de défendre son action en affirmant que celle-ci était "nécessaire dans l'intérêt de l'économie américaine".
Les critiques reprochaient surtout à M. Bernanke, qui avait reçu un soutien appuyé du président George W. Bush, de nourrir "l'aléa moral" en faisant croire aux investisseurs imprudents qu'ils seront toujours sauvés de leurs décisions hasardeuses.
Le plan de M. Bernanke avait soulevé des réserves et des critiques au sein du Congrès américain (démocrates et républicains confondus), et le président de la Réserve fédérale avait même été brocardé par un des membres de son institution, Jeffrey Lacker, président de la banque de réserve de Richmond (Sud-Est), lequel avait estimé que l'intervention de la banque centrale avait interféré dans un mouvement normal de correction des marchés.
Les mêmes critiques ne devraient pas manquer de se manifester, au vu des sommes en jeu pour Fannie Mae et Freddie Mac.
Pour cela sans doute, le Trésor a mis les formes, en insistant sur le fait que la formule retenue était "le moyen le plus efficace pour éviter un risque systémique" --Fannie Mae et Freddie Mac détenant ou garantissant plus de 5.000 milliards de dollars de titres hypothécaires-- et qu'elle contenait "des dispositions pour protéger le contribuable".
Aux termes du plan, le Trésor sera ainsi prioritaire en cas de liquidation. Les actionnaires et les détenteurs actuels de titres subordonnés devront supporter les pertes potentielles avant que celui-ci puisse être sollicité, ce qui fait dire à l'analyste David Kotok, de Cumberland Advisors, que les mesures annoncées dimanche sont acceptables.
"Ce qu'a fait Paulson, c'est fixer les limites de l'aléa moral de manière que" les actionnaires actuels "ne soient pas renfloués par le gouvernement", a noté M. Kotok.

