Gaza: réunis en urgence, l'UE et le Quartette vont appeler à une trêve
Article du 30/12/2008
Le Quartette pour le Proche-Orient et l'Union européenne, réunie en urgence à Paris, devaient appeler mardi à une trêve à Gaza entre Israël et le Hamas, et manifester l'inquiétude de la communauté internationale face au risque d'une nouvelle escalade du conflit.
Les ministres des Affaires étrangères du Quartette (Etats-Unis, UE, ONU, Russie) et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon devaient se concerter dans l'après-midi lors d'une conférence téléphonique et travailler à une déclaration commune, selon des sources diplomatiques.
Un peu plus tard, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a invité ses homologues de l'Union européenne pour une réunion extraordinaire à Paris à 18H30 (17H30 GMT).
Selon un haut responsable israélien, M. Kouchner a fait parvenir au ministre israélien de la Défense Ehud Barak une proposition en vue d'un cessez-le-feu de 48 heures. MM. Kouchner et Barak en ont discuté à deux reprises par téléphone, a précisé à l'AFP ce responsable.
De source israélienne, cette proposition devait être examinée mardi soir lors d'une réunion entre le Premier ministre Ehud Olmert, la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni et M. Barak.
Quartette et UE devaient appeler à un arrêt immédiat des raids israéliens et des tirs de roquettes du Hamas et à un acheminement de l'aide humanitaire. L'Union européenne, de son côté, est prête à faciliter la réouverture des points de passage entre Gaza, l'Egypte et Israël, par l'envoi d'observateurs, a-t-on appris de sources diplomatiques.
Les Européens ne sont jamais parvenus à peser politiquement au Proche-Orient. Mais galvanisée par sa contribution à l'arrêt de la guerre en Géorgie l'été dernier, la France espère cette fois enclencher un processus vertueux pour ce qui devrait être la dernière initiative de ses six mois de présidence européenne. Elle passe le relais jeudi à la République tchèque.
"La formule sur laquelle on travaille et sur laquelle on doit encore insister se base sur trois points fondamentaux: le premier est le cessez-le-feu immédiat, le deuxième l'ouverture des points de passage entre Gaza et l'Egypte, et Gaza et Israël" et "le troisième, la reprise immédiate de l'aide humanitaire", a déclaré le haut représentant de l'UE pour la diplomatie, Javier Solana.
L'offensive israélienne, qui a fait au moins 370 morts à Gaza, a été déclenchée samedi après la non-reconduction par le Hamas d'une trêve de six mois, arrivée à échéance le 19 décembre.
Le mouvement islamiste, qui contrôle la bande de Gaza, a repris ses tirs de roquettes sur des localités israéliennes, reprochant à l'Etat hébreu de n'avoir pas respecté ses engagements en poursuivant l'étranglement du petit territoire de 360 km2.
Les Européens considèrent que la réouverture des points de passage entre Gaza, l'Egypte et Israël, est "vitale", a-t-on indiqué de source diplomatique.
Ils sont prêts à réactiver mardi soir une mission d'observation de l'UE au terminal de Rafah, entre l'Egypte et Gaza. Cette mission avait été interrompue en juin 2007, après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.
L'Union européenne devait aussi montrer sa disponibilité à étendre cette mission à d'autres points de contrôle, entre Gaza et Israël.
Le président égyptien Hosni Moubarak a affirmé que le terminal de Rafah ne serait rouvert que si l'Autorité palestinienne y revenait et en présence d'observateurs de l'UE.
Pour les Européens, qui sont les premiers bailleurs de fonds de l'Autorité palestinienne, l'équation est d'autant plus compliquée qu'ils s'abstiennent de tout contact direct avec le Hamas, qu'ils considèrent comme une organisation terroriste. Leur seul interlocuteur reconnu est le président Mahmoud Abbas.
Les efforts européens pourraient impliquer un ou des Etats arabes susceptibles d'être écoutés du Hamas.
Le président français Nicolas Sarkozy s'est entretenu lundi au téléphone avec son homologue égyptien Hosni Moubarak pour discuter des "modalités envisageables d'une sortie de crise". La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni est attendue dans les prochains jours à Paris.