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Millieu de séance du 19 mar 2010
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Drame en Haute-Savoie: une octogénaire morte chez elle au milieu d'ordures
Le cadavre d'une octogénaire, ex-cadre d'un groupe français de produits de luxe, qui refusait toute aide extérieure, a été découvert six mois après sa mort dans son triplex de Seynod (Haute-Savoie) au milieu de tonnes d'immondices.C'est au hasard d'une fuite d'eau chez son voisin du dessous que le corps de Mauricette Petitjeannot, ex-cadre chez ST Dupont de 80 ans, a été découvert le 26 décembre, des mois après son décès de cause naturelle remontant à juillet, a indiqué mercredi à l'AFP la gendarmerie, confirmant une information du Dauphiné libéré.
"Lorsque nous sommes entrés dans l'appartement" de 70 m2, "il n'y avait plus un centimètre carré de libre, c'était cataclysmique", a témoigné un enquêteur, évoquant des "tonnes" d'ordures ménagères" entassées "par endroit, quasiment jusqu'au plafond".
Le corps de la défunte se trouvait dans sa chambre à coucher "dans un sarcophage de livres, de magazines" empilés sur plus d'un mètre, ses lunettes sur le nez, une lampe électrique et un livre de la collection Harlequin intitulé "L'Amour pour remède" de Margaret Barker dans la main.
Selon les autorités, Melle Petitjeannot souffrait du syndrome de Diogène, une pathologie mentale touchant des personnes âgées isolées socialement, qui accumulent déchets et objets inutiles, les amenant à vivre dans des conditions insalubres.
Les voisins de la défunte, parfois incommodés par des odeurs nauséabondes sortant de l'appartement qui les incitaient à aérer le palier, n'ont pas pris la mesure du drame.
"On est tous un peu mortifiés, on se sent coupable mais les pompiers et les gendarmes nous ont dit qu'on ne pouvait pas entrer dans la vie des gens s'ils ne le souhaitent pas", a témoigné une voisine sous couvert de l'anonymat.
Cette enseignante a assuré avoir en vain proposé par téléphone une aide ménagère à l'octogénaire, qui l'a refusée.
Une autre voisine s'est pour sa part étonnée de n'avoir jamais vu Melle Petijeannot sortir ses poubelles en l'espace de "neuf ans".
Pour les autorités, il s'agit d'un "drame de l'isolement".
"Dans un cas comme celui-ci, les services sociaux ne peuvent qu'être alertés par l'entourage immédiat", a souligné un responsable local, évoquant une défunte sans famille proche, propriétaire de son appartement, et des voisins "qui croient bien faire et ne veulent pas déranger".
Melle Petitjeannot, bien mise lorsqu'elle sortait faire ses courses, ne s'était pas non plus signalée auprès des services communaux et ne suivait pas de traitement médical.
Originaire du Val-de-Marne, Mauricette Petitjeannot avait été marquée par la mort en déportation de son père dénoncé par son propre mari.
Se faisant résolument appeler "Mademoiselle", elle s'était ensuite installée en Haute-Savoie où elle avait travaillé comme styliste chez ST Dupont à Faverges. A sa retraite, cette ancienne étudiante des Beaux-Arts aimait dessiner la nuit et dormait le jour, selon une voisine.
Touchées par ce drame, les autorités locales ont décidé de lui donner une sépulture décente et d'organiser une cérémonie pour ses obsèques.

