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Fin de séance du 18 mar 2010
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
Crise du gaz russe: la reprise des livraisons à l'Europe toujours en suspens
Une reprise du transit de gaz russe par l'Ukraine vers l'Europe semblait proche vendredi après trois jours d'interruption totale, mais continuait de buter sur la signature formelle d'un accord sur le déploiement d'observateurs pour le surveiller.Dans la soirée, le président en exercice de l'UE, le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, a estimé que Moscou et Kiev étaient d'accord sur le déploiement d'observateurs des deux pays pour le transit de gaz russe en Europe via l'Ukraine, mais indiqué que l'accord n'était toujours pas signé.
"Il reste à finaliser les détails techniques et à se mettre d'accord pour signer l'accord tripartite (Russie, Ukraine, UE, ndlr)", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à Kiev avec le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko.
Pour sa part, le Premier ministre ukrainien, Ioulia Timochenko, a assuré que Kiev allait signer l'accord autorisant la présence d'observateurs ukrainiens en Russie et d'observateurs russes en Ukraine, un point essentiel pour le dénouement de la crise.
"Apparemment, on n'attend que la décision du président ukrainien", a déclaré le porte-parole de Gazrpom, Sergueï Kouprianov, en réagissant à cette déclaration de Mme Timochenko.
De son côté, le président ukrainien a déclaré que l'Ukraine "assumait l'obligation de permettre aux représentants de la partie russe d'accéder aux points d'entrée et de sortie" du gaz russe transitant par l'Ukraine.
Il a par ailleurs démenti les accusations de Moscou selon lesquelles l'Ukraine "volait" du gaz russe destiné pour l'Europe, en les qualifiant d'"humiliantes" pour son pays.
Arrivé vendredi soir à Kiev pour parachever le déploiement des observateurs, le président en exercie de l'UE devait rencontrer samedi à Moscou son homologue russe, Vladimir Poutine.
L'Ukraine, la Russie et l'UE sont d'accord sur le principe du déploiement des observateurs, mais des frictions persistent au sujet de la composition des équipes, en particulier la présence de représentants du géant russe Gazprom dans les stations ukrainiennes.
La Russie s'est dite prête à accueillir des observateurs européens et ukrainiens si Kiev accepte des observateurs russes sur son territoire.
Les observateurs européens déjà arrivés en Ukraine "ont commencé à travailler", ce qui signifie que "toutes les conditions sont là pour une reprise immédiate des livraisons" de gaz russe vers l'Europe, a déclaré la Commission européenne.
Auparavant, le patron de Gazprom, Alexeï Miller, avait indiqué être d'accord pour reprendre l'approvisionnement de l'Europe dès vendredi si le protocole établissant le cadre de la mission d'observation était signé, au cours d'une rencontre avec le président russe, Dmitri Medvedev.
Les observateurs auront pour mission de vérifier que le gaz est acheminé sans encombres à travers l'Ukraine.
Leur déploiement est la condition à la reprise du transit, car la Russie accuse l'Ukraine de siphonner les livraisons gazières destinées aux européens.
L'Europe est pressée car les dégâts économiques causés par le conflit gazier sont déjà "certainement très importants", même s'il n'y a pas d'évaluation précise pour l'instant, a relevé vendredi un porte-parole de la Commission européenne.
De plus, même si Gazprom rouvrait le robinet vendredi, les Européens ne verraient le gaz russe circuler dans leurs gazoducs qu'au minimum trois jours plus tard, a-t-il souligné.
La reprise des exportations, si elle se confirmait, ne règlerait pas pour autant la querelle Moscou-Kiev, les deux parties n'étant toujours pas parvenues à un accord sur les tarifs à appliquer en 2009.
L'Ukraine va devoir à l'avenir renoncer aux tarifs préférentiels dont elle bénéficiait pour le gaz russe, insiste Gazprom.
De nombreux pays d'Europe sont touchés par la coupure de gaz qui intervient en pleine vague de froid. Les plus touchés sont ceux d'Europe centrale, comme la Bulgarie, la Slovaquie et les Balkans. D'autres ont annoncé avoir commencé à puiser dans leurs réserves de gaz.
L'UE importe 25% du gaz qu'elle consomme de Russie, dont 80% transite par l'Ukraine.

