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Article du 10/01/2009

Gaza: nouveaux efforts diplomatiques, plus de 800 tués en deux semaines

L'offensive israélienne qui a fait plus de 800 morts à Gaza est entrée samedi dans sa troisième semaine au moment où des contacts diplomatiques s'intensifiaient au Caire en vue d'un cessez-le-feu, préconisé par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Israël, qui a décidé de ne pas tenir compte d'une résolution du Conseil de sécurité appelant à un cessez-le-feu immédiat, menait de nouvelles attaques samedi dans le territoire contrôlé par le mouvement islamiste Hamas après une série de raids nocturnes.

Le Hamas s'est dit "pas concerné" par la résolution de l'ONU. Quatre nouvelles roquettes tirées depuis la bande de Gaza se sont abattues samedi dans le sud d'Israël, l'armée israélienne n'ayant pas réussi à mettre fin à ces tirs, principal objectif affiché de son offensive lancée le 27 décembre à Gaza.

L'armée israélienne a affirmé avoir attaqué "plus de quarante" cibles dans la nuit à Gaza, notamment des sites de lancement de roquettes et des tunnels de contrebande à la frontière entre Gaza et l'Egypte.

Dans la matinée, sept Palestiniens ont été tués dans des raids israéliens dans le secteur de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, selon des sources médicales palestiniennes.

Dans le sud du territoire, une frappe israélienne a détruit le mur d'enceinte d'un hôpital et fracassé plusieurs vitres, selon des témoins.

L'offensive israélienne a coûté la vie à 815 Palestiniens, dont 235 enfants et 93 femmes et des dizaines d'autres civils, et fait plus de 3.350 blessés depuis son lancement, selon le dernier bilan fourni par le chef des services d'urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein.

Trois civils et 10 soldats israéliens ont été tués depuis le début de l'opération "Plomb durci", selon l'armée.

L'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a annoncé une imminente reprise à un rythme normal de la distribution d'aide humanitaire, partiellement suspendue jeudi, après avoir reçu d'Israël "des assurances crédibles que la sécurité des personnels de l'ONU" serait "pleinement respectée".

Un million de personnes vivent sans électricité à Gaza, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours qui risquent de s'arrêter en cas de manque d'essence, selon l'ONU.

Outre l'ONU, le Comité international de la Croix-Rouge a lui aussi temporairement réduit ses activités à Gaza-ville après qu'un de ses véhicules eut essuyé des tirs.

La décision de poursuivre la guerre a été prise vendredi par le cabinet de sécurité israélien, le Premier ministre Ehud Olmert ayant jugé la résolution de l'ONU inapplicable.

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a "condamné" cette décision et appelé la communauté internationale "à exercer une réelle pression sur Israël pour le contraindre d'appliquer la résolution de l'ONU".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, dans une conversation téléphonique avec M. Olmert, "lui a exprimé sa déception du fait que la violence se poursuive sur le terrain, au mépris de la résolution du Conseil de sécurité".

Bien que la résolution de l'ONU soit restée lettre morte, la diplomatie poursuivait ses efforts pour mettre fin à la guerre, en particulier au Caire où une délégation du Hamas devait faire part aux autorités égyptiennes de ses "remarques" sur une initiative de sortie de crise du président Hosni Moubarak.

M. Moubarak a proposé un plan prévoyant notamment "un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée", permettant l'établissement de couloirs humanitaires et laissant le temps à l'Egypte d'oeuvrer pour un cessez-le-feu "global et définitif".

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui n'exerce aucun contrôle dans la bande de Gaza d'où il a été délogé par le Hamas en juin 2007, se trouvait également en Egypte samedi.

Lors d'une conférence de presse, il a estimé que l'initiative égyptienne constituait "un mécanisme" permettant l'application de la résolution de la résolution onusienne.

"Si les différentes parties l'acceptent, l'agression cessera. Celui qui ne l'acceptera pas sera responsable de la poursuite de l'agression et de l'effusion de sang", a-t-il dit.

Il a appelé le Hamas à accepter "sans hésitation" le plan égyptien. "La situation ne permet pas de perdre du temps", a-t-il dit.

Un émissaire israélien (bien: israélien) Amos Gilad doit retourner au Caire "lundi ou mardi" pour discuter du plan égyptien, selon les médias israéliens.

La Haute commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, Navi Pillay, a dénoncé de "très graves violations de droits de l'homme" à Gaza qui peuvent selon elle "constituer des crimes de guerre".

A Washington, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a jugé "difficile" pour Israël d'épargner les civils dans une zone densément peuplée et a accusé le Hamas de les utiliser comme des "boucliers humains".

Une manifestation à l'appel de l'organisation israélienne "La Paix Maintenant" devait avoir lieu samedi soir devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv sous le mot d'ordre "C'est le moment d'arrêter".



 
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