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Les Occidentaux accusent l'Iran d'avoir caché un site nucléaire
Les Occidentaux ont accusé vendredi l'Iran d'avoir développé un site nucléaire secret, ce que Téhéran a démenti, et l'ont mis en demeure de changer de politique d'ici décembre sous peine de nouvelles sanctions "sévères"."Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont présenté jeudi à Vienne (siège de l'AIEA) des preuves démontrant que la République islamique d'Iran a construit une usine secrète d'enrichissement de l'uranium près de Qom (sud) pendant des années", a révélé à la presse le président américain Barack Obama.
La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne demandent à l'Agence internationale pour l'énergie atomique d'enquêter sur ce sujet "inquiétant", a ajouté M. Obama, en marge du sommet du G20 de Pittsburgh (Etats-Unis), entouré du Français Nicolas Sarkozy et du Britannique Gordon Brown.
Ce deuxième site, enterré sous une montagne, est "incompatible" avec le caractère civil du programme nucléaire iranien revendiqué par Téhéran, a précisé le président américain, sans parler de sanctions. Les dirigeants français et britannique s'en sont chargés.
"Nous sommes prêts à mettre en oeuvre des sanctions supplémentaires et plus sévères", a déclaré M. Brown. "Si d'ici décembre, il n'y a pas de changement profond de la politique iranienne, des sanctions devront être prises, il en va de la paix et de la stabilité", a renchéri M. Sarkozy.
L'Iran, qui a toujours nié chercher à se doter de l'arme atomique, a confirmé l'existence de ce deuxième site, affirmant qu'il n'était "pas secret" et qu'il opérera dans le cadre des règles de l'AIEA.
"En tenant compte des menaces (contre les sites iraniens, nous avons) décidé d'entreprendre les actions nécessaires pour préserver et continuer nos activités nucléaires", a expliqué le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi.
A Vienne, l'AIEA a admis avoir été informée par l'Iran le 21 septembre qu'il construisait un second centre d'enrichissement d'uranium, en plus de celui de Natanz (centre).
Les Occidentaux ont assuré avoir connaissance du nouveau site depuis longtemps.
"Depuis un certain temps, nous - Américains, Francais, Britanniques - avions des informations sur l'existence de la centrale en construction de Qom", a confié à l'AFP un responsable français sous anonymat.
Il a précisé que l'Allemagne, la Russie et la Chine n'étaient pas au courant et n'avaient été informées que récemment par leurs alliés.
Ces deux derniers pays, sans parler de sanctions, ont appelé l'Iran à "coopérer avec l'AIEA sur ce dossier". Téhéran doit "coopérer pleinement", a insisté le président russe Dmitri Medvedev.
Selon un responsable français, le projet de Qom a été lancé il y a plus de quatre ans, donc avant l'élection du président ultra-conservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad. A en croire une autre source française, la construction elle-même a commencé il y a deux ans. Le site a une capacité de 3.000 centrifugeuses maximum, alors que celui de Natanz peut en abriter 40.000.
Cette deuxième usine d'enrichissement a "la bonne taille" pour produire assez d'uranium pour une arme nucléaire, a estimé un haut responsable américain sous couvert d'anonymat.
La révélation de l'existence de ce site survient à quelques jours d'une réunion, prévue jeudi à Genève, des six grandes puissances chargées du dossier iranien - Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne - avec Téhéran. Ce sera un "sujet très important" des discussions, a assuré un responsable américain.
Le diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, qui sert d'intermédiaire auprès des Iraniens, l'Italie, l'Allemagne et le Canada ont apporté leur soutien aux critiques des trois Occidentaux.

