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Ces derniers mois, nous avions vécu une sous-performance des indices européens (hors Allemagne) par rapport aux indices américains et même chinois. C...
Ces derniers mois, nous avions vécu une sous-performance des indices européens (hors Allemagne) par rapport aux indices américains et même chinois. C...
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Croissance française plus forte que prévu en 2009, mais peut-être pas durable
Malgré une récession historique en 2009, la France a terminé l'année par une croissance plus forte que prévu et plus élevée que celle ses voisins, grâce à la consommation et surtout l'automobile, mais le soufflé pourrait vite retomber avec la diminution de la prime à la casse.Au quatrième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a crû de 0,6%, après une hausse de 0,2% au troisième et de 0,3% au deuxième, a annoncé l'Insee vendredi.
Sur l'année en revanche, il a chuté sans surprise de 2,2%, soit la pire contraction depuis l'après-guerre.
"C'est une bonne fin d'année 2009", s'est réjouie la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui espérait "un peu mieux" que 0,3% au dernier trimestre.
La France a en outre dépassé ses voisins : au dernier trimestre, le PIB a reculé en Espagne (-0,1%) et en Italie (-0,2%), stagné en Allemagne, et n'a que progressé au Royaume-Uni que de 0,1%. Dans la zone euro, la croissance n'a été que de 0,1%, selon les chiffres annoncés vendredi.
"La grande différence entre les plans de relance qu'on a mis en place en France et d'autres, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, c'est qu'on a misé à mort sur l'investissement, et surtout on a mis (en place) l'essentiel du plan de relance tout de suite", a fait valoir Mme Lagarde vendredi.
Au quatrième trimestre, la croissance française s'explique surtout par deux phénomènes : les stocks des entreprises ont beaucoup moins reculé qu?auparavant et la consommation a très bien résisté, progressant de 0,9% (après +0,1% au troisième trimestre).
Malgré la crise, le pouvoir d'achat des Français a été soutenu par une très faible inflation (+0,1% en 2009), tandis que la prime à la casse a dopé les achats automobiles en fin d'année, les ménages anticipant sa disparition progressive.
En revanche, leur investissement en logement a reculé sur le trimestre (-2,7%), comme celui des entreprises (-0,8%) et des administrations publiques (-0,2%), et ce malgré le plan de relance de l'économie.
De même, le commerce extérieur a contribué négativement à la croissance du PIB, sur fond de nette hausse des importations et d'atonie des exportations. "De fait, la France souffre de la méforme économique de ses principaux partenaires", souligne Alexander Law, économiste chez Xerfi.
Les économistes s'interrogent désormais sur la solidité de la reprise française.
Ainsi pour Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès, la croissance est fragile car soutenue par les mesures d'aide gouvernementales. "Relâchez la politique économique (ce qu?il faudra bien faire compte-tenu de son coût pour les finances publiques), et l?activité s?effondre de nouveau", assène-t-il.
Au premier semestre 2010, la fin des aides gouvernementales aux revenus des ménages et l'accélération de l'inflation devraient peser sur la consommation, ce qui aura un impact sur le PIB, estime aussi Mathilde Lemoine, chez HSBC.
Et la disparition progressive de la prime à la casse devrait faire retomber les achats de voitures. De fait, les constructeurs automobiles français s'attendent à une année 2010 difficile.
Surtout, malgré trois trimestres de reprise, l'emploi a continué de se dégrader au quatrième trimestre, "et ce, en dépit de toutes les aides publiques et variées", souligne Marc Touati, chez Global Equities.
Pour Nicolas Bouzou, "l'emploi ne repartira que lorsque la croissance économique sera considérée par les entreprises comme suffisamment solide, c?est-à-dire à la fois forte et durable". "Nous n'en sommes pas encore là", affirme l'économiste.

