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La corvette sud-coréenne Cheonan coulée par la Corée du Nord, condamnation internationale
Une torpille nord-coréenne a provoqué le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan, a conclu jeudi une enquête internationale, une "agression" fermement condamnée par Washington, mais aussitôt démentie par Pyongyang qui menace d'une "guerre généralisée" en cas de sanctions."Les preuves amènent de manière accablante à la conclusion que la torpille a été tirée par un sous-marin nord-coréen", écrivent les enquêteurs dans un rapport sur le naufrage dans lequel 46 marins sud-coréens ont été tués.
"Il n'y aucune autre explication possible", estiment-ils, précisant que l'explosion qui a brisé le navire de guerre en deux a été provoquée par une torpille nord-coréenne de 250 kg.
La Corée du Nord a aussitôt qualifié ces accusations d'"affabulations", selon l'agence de presse Yonhap.
"Nous prendrons des mesures énergiques, parmi lesquelles une guerre généralisée, si des sanctions sont imposées à la Corée du Nord", a mis en garde la Commission de la Défense nationale (NDC), le plus puissant organe du régime communiste, cité par l'agence sud-coréenne.
Le communiqué radio-diffusé précise que Pyongyang enverra ses propres enquêteurs en Corée du Sud pour vérifier les preuves avancées.
Les Etats-Unis ont averti que l'attaque aurait "sans aucun doute des conséquences". "C'était un acte d'agression envers la Corée du Sud", a déclaré le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley, qualifiant le geste de "délibéré et gratuit".
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré que le Pentagone avait des "consultations étroites" avec la Corée du Sud pour "déterminer la voie à suivre".
Les 28.000 soldats américains déployés en Corée du Sud n'ont toutefois pas été placés en état d'alerte.
Le président Barack Obama a exprimé à son homologue sud-coréen Lee Myung-Bak et au peuple sud-coréen" sa profonde compassion".
L'Otan et l'Union européenne ont condamné "l'agression". La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton a indiqué que l'UE allait consulter les autorités sud-coréennes et les autres parties intéressées "sur les réponses appropriées" à apporter.
La Chine, l'un des rares alliés de Pyongyang, a appelé "toutes les parties à la retenue", précisant qu'elle procédait à "sa propre évaluation" de l'enquête.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a jugé "profondément inquiétantes" les conclusions mettant en cause Pyongyang.
Londres et Tokyo ont également dénoncé l'action nord-coréenne.
Le président sud-coréen a promis "des mesures énergiques" contre le Nord. La Corée du Sud "devra faire en sorte que la Corée du Nord admette son méfait et redevienne un membre responsable de la communauté internationale", a-t-il indiqué.
De forts soupçons pesaient sur le Nord depuis le naufrage de la corvette de 1.200 tonnes le 26 mars au large de l'île de Baengnyeong, près de la ligne de démarcation maritime intercoréenne.
Pyongyang a toujours démenti toute implication dans l'une des pires attaques contre le Sud depuis la mort en 1987 de 115 personnes après un attentat contre un Boeing de la Korean Airlines, attribué à des agents nord-coréens.
D'après l'enquête, l'attaque a probablement été menée par un sous-marin de poche. "Plusieurs petits sous-marins (...) ont quitté une base navale nord-coréenne située en Mer jaune deux à trois jours avant l'attaque et ont regagné la base deux ou trois jours après", selon le rapport.
Le naufrage a provoqué un grand émoi en Corée du Sud, cinq jours de deuil étant décrétés.
Si la Corée du Sud semble avoir écarté l'hypothèse d'une riposte militaire, de peur de déclencher un conflit majeur, elle devrait en revanche saisir le Conseil de sécurité de l'ONU pour demander de nouvelles sanctions à l'encontre du Nord.
La Chine, qui dispose d'un droit de veto, pourrait s'y opposer, à moins qu'elle n'accepte les preuves fournies par Séoul.
Pour Kim Yong-Hyun, chercheur à l'Université Dongguk, "la Chine ne sera pas convaincue" par les preuves. Séoul aura alors "peu d'options" si Pékin brandit son veto.
Pour Yang Moo-Jin, de l'Université de Séoul, Washington et Pékin doivent séparer les dossiers du naufrage et celui de la dénucléarisation de la Corée du Nord, au point mort. "Sinon, une nouvelle Guerre froide se dessinera dans la région", juge-t-il.

