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Chômage: le pic sans doute atteint, la décrue prendra du temps

Article du 07/07/2010
Le pic de la crise de l'emploi est "probablement" atteint, mais le chômage mettra du temps à reculer, a souligné l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) dans son rapport annuel "Perspectives de l'emploi" publié mercredi à Paris.

Le chômage dans l'OCDE, qui inclut la trentaine de pays les plus développés, est à son "plus haut niveau" depuis 1945 à 8,7% en moyenne en mars 2010 et 8,6% en mai.

"C'est l'équivalent de plus de 46 millions de chômeurs", a souligné lors d'un point presse le secrétaire général de l'organisation, le Mexicain Angel Gurria, préoccupé, comme en septembre, du risque que le chômage prenne un caractère structurel. "Aux Etats-Unis, près de la moitié des chômeurs est au chômage depuis plus de six mois, du jamais vu", a-t-il observé.

"Comme à chaque fois, on répète que la réduction du chômage reste la priorité des priorités pour les gouvernements, mais les circonstances ont changé", a-t-il ajouté..

L'OCDE estime que l'heure n'est plus à la relance, mais aux coupes budgétaires, contrairement aux syndicats de salariés, représentés par le TUAC (Trade Union Advisory Comittee) pour qui le choix de l'austérité, à ce stade de la reprise, est "une erreur historique".

M. Gurria admet que "la réduction des dépenses budgétaires peut avoir des effet sur la croissance à court terme, et en principe, moins de croissance est synonyme de moins d'emplois" mais "cela restaure la confiance, et on n'a pas le choix".

C'est pourquoi il appelle les Etats "à ne pas tailler à la hache mais à raboter finement" et à "faire attention à préserver les budgets consacrés à l'emploi".

Dans son rapport, l'OCDE indique que "le chômage a peut-être atteint son point le plus haut dans la zone", il "approche probablement de son pic, mais ne devrait reculer que lentement".

"Le taux de chômage de la zone OCDE pourrait encore dépasser les 8% à la fin de 2011", selon son pronostic appuyé sur des prévisions inchangées depuis mai.

"En outre, une mesure plus large du chômage prenant en compte les inactifs qui souhaiteraient travailler et les travailleurs à temps partiel qui souhaiteraient travailler plus longtemps aboutit à un chiffre près de deux fois plus élevé que le taux de chômage officiel", souligne l'organisation.

"En ce qui concerne les allocations chômage (...) ces mesures doivent être maintenues dans les premières phases de la reprise, jusqu'à ce que la masse du chômage de longue durée commence à se réduire notablement", plaide l'OCDE.

L'OCDE insiste aussi sur "le rôle clé" à jouer par les services de retour à l'emploi, suggère "un effort accru d'investissement dans la formation" mais réitère aussi ses arguments en faveur des "réformes structurelles".

M. Gurria a salué les projets controversés de réforme du marché du travail du gouvernement espagnol.

Fin 2007, le taux de chômage moyen dans l'OCDE était tombé à 5,7%, niveau le plus bas depuis 1980.

Même avec la reprise, "fragile", il manquera fin 2011 environ 15 millions d'emplois pour revenir au taux d'emploi d'avant la crise, notamment dans certains pays comme l'Espagne, l'Irlande ou les Etats-Unis, où le chômage a plus que doublé.

Selon l'OCDE, l'impact de la récession sur le chômage est comparable à celui du premier choc pétrolier de 1973.

Fait plus inhabituel, l'emploi s'est nettement plus contracté pour les hommes que pour les femmes, probablement parce que les industries extractives, manufacturières et le bâtiment ont subi des pertes d'emploi importantes.








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