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Article du 23/07/2010

L'heure n'est plus à la relance mais à la rigueur, plaide M. Trichet

L'heure n'est plus aux plans de relance pour stimuler l'économie mondiale, mais à la rigueur pour assainir des finances publiques victimes d'une détérioration sans précédent, a plaidé vendredi le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet.

Sans les politiques de relance adoptées pendant la crise, l'économie aurait sombré dans une sévère dépression, mais "désormais, c'est le moment de restaurer la pérennité budgétaire", a écrit le président de la BCE, dans une tribune publiée dans le Financial Times.

"La détérioration budgétaire que nous vivons est sans précédent", a-t-il insisté, soulignant que les dettes publiques de la zone euro auront gonflé de plus de 20 points entre 2007 et 2011, celles des Etats-Unis et du Japon entre 35 points et 45 points.

"Avec du recul, nous voyons combien le message simplifié à outrance envoyé à toutes les économies développées, sous le slogan : +relancez, stimulez, dépensez !+, était malencontreux", a poursuivi M. Trichet, ajoutant que "désormais, il n'y a guère de doute que le besoin de mettre en place une stratégie crédible d'assainissement budgétaire à moyen terme est valable dans tous les pays".

Depuis plusieurs mois, le Français exhorte les gouvernements de la zone euro à reprendre résolument le chemin de la rigueur budgétaire. Il a aussi plus d'une fois attiré l'attention sur la détérioration des déficits aux Etats-Unis ou au Japon cette année.

Ces propos tranchent quelque peu avec ceux du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, en faveur d'une poursuite de la relance sur le court terme, qui remettrait à plus tard la réduction du déficit américain.

Jeudi M. Bernanke a ainsi réaffirmé son soutien aux divers projets gouvernementaux de relance aux Etats-Unis (aide aux PME, soutien aux emprunteurs) qui s'enlisent au Congrès.

Il a aussi fait savoir mercredi que la Fed se tenait prête à prendre de nouvelles mesures pour empêcher une rechute de l'économie américaine ou une déflation, tout en estimant que rien ne pressait pour le moment.



 
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