A l’occasion de la publication des résultats 2007 du Groupe Pizzorno Environnement, nous avons contacté par téléphone Maria Carrozza, directeur financier de la société.
En 2007, GPE a enregistré un chiffre d’affaires consolidé en hausse de 19,3 % à 137,9 millions d’euros, dopé par les belles performances de ses activités Assainissement et services aux industriels (+ 35,6 %) et Propreté (+ 24,9 %) et avec une activité Traitement stable.
GPE a profité de l’exercice 2007 aussi pour s’étendre en France en croissance organique comme externe – avec l’acquisition de la société Roger Gosselin Père & Fils – mais aussi à l’international.
La société affiche en conséquence un résultat opérationnel en recul de 8 % à 9,6 millions d’euros et un résultat net consolidé de 4,2 millions d’euros contre 5,4 millions en 2006.
Francebourse.com : 2007 a été une année de structuration importante pour le Groupe Pizzorno Environnement, structuration qui se constate dans les chiffres. Pouvez-vous nous les expliquer ?
Maria Carrozza : En effet, le Groupe Pizzorno a en 2007 privilégié les investissements structurants. Ceux-ci ont été multipliés par 2,5 en deux ans pour atteindre 31,3 millions d’euros l’année dernière. Ces investissements nous ont permis de conquérir de nouvelles positions géographiques, autour de Lyon, en Normandie grâce à l’acquisition de Roger Gosselin Père & Fils, mais aussi en Mauritanie et au Maroc. Par ailleurs, cette extension géographique a nécessité de nouveaux moyens humains. En 2004, le groupe employait 3 000 salariés. Aujourd’hui, il en compte 6 000.
Les dépenses ont été importantes durant le premier semestre 2007 et nous nous attendions à ce qu’elles ne soient pas totalement rattrapées durant la deuxième moitié de l’année. Mais aujourd’hui, Pizzorno Environnement est en ordre de marche et nous espérons une croissance du chiffre d’affaires à deux chiffres pour cette année, avec un excédent brut d’exploitation à plus de 10 % et une augmentation significative de notre marge brute d’autofinancement.
Francebourse.com : Quelle est la stratégie de croissance de Pizzorno en 2008 ?
Maria Carrozza : En France tout d’abord, le groupe va continuer de développer son maillage autour des villes où il est déjà présent, le long d’un axe PACA – Lyon – Normandie. Nous avons des parts de marché à gagner car les villes continuent d’ouvrir la concurrence pour la collecte et le traitement des ordures. Nous avons également des atouts à jouer là où les localités nous font confiance en développant, pourquoi pas, des services de transports urbains et scolaires, qui fonctionneraient en synergie avec nos activités actuelles.
En France toujours, le Groupe Pizzorno n’exclut pas de nouvelles opérations de croissance externe. D’ailleurs, des dossiers sont à l’étude en ce moment. Dans la lignée de ce que nous avons fait avec Roger Gosselin Père & Fils, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros, nos cibles ont un chiffre d’affaires de 5 à 15 millions d’euros. Il s’agit souvent d’entreprises de petite taille qui nous contactent elles-mêmes pour trouver un repreneur.
L’endettement actuel de Pizzorno Environnement se monte à 63 % des capitaux propres, nous avons donc une capacité d’endettement pour servir cette volonté de croissance externe. Les cibles pourraient être financées par de la dette.
Enfin, à l’international, le groupe mise sur le développement organique en répondant à des appels d’offres au Maroc, en Mauritanie, en Tunisie. Nous faisons aussi de la veille active en Algérie et en Ukraine.
D’une manière globale, nous avons la structure et les investissements nécessaires pour répondre à n’importe quel contrat.
Francebourse.com : Le Groupe Pizzorno Environnement est, comme son nom l’indique, très tourné vers des préoccupations de développement durable ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
Maria Carrozza : En effet, il s’agit là d’une des préoccupations les plus importantes du groupe. Nous travaillons à la protection de la planète et à la pérennité de l’entreprise. Notre démarche de développement durable passe d’abord par la responsabilité sociale. Au Maroc, dans l’ancienne décharge, les trieurs avaient jusque là une activité très pénible. Pizzorno a conclu un partenariat avec l’Etat marocain pour employer ces personnes dans de meilleures conditions dans la nouvelle décharge que nous exploitons, mais aussi leur proposer des logements sociaux.
D’un point de vue énergétique ensuite, il est vrai que notre groupe utilise du biogaz pour faire fonctionner un sécheur de boue. Nous recyclons également l’eau par osmose. Une partie de notre flotte roule avec des biocarburants et tous nos nouveaux véhicules remplissent les normes environnementales. Nous avons toujours en projet de fabriquer du biocarburant à partir des déchets organiques que nous collections et traitons. Nous travaillons également à de la valorisation bois-énergie à partir des déchets verts afin de fournir des pellets pour les chauffage de bâtiments publics, qui est quelque chose qui se développe beaucoup.