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Crise financière : l'Europe plus libérale que les USA?

Article du 25/09/2008
Les responsables européens ont rejeté mercredi toute idée d'un plan à l'américaine de sauvetage des banques, malgré les appels du pied en ce sens de Washington, préférant donner la priorité à une surveillance plus stricte des marchés financiers. Rappelons que les USA, habituellement peu enclins à l'interventionnisme, mettent cette fois leur dogme libéral de côté pour sauver leur économie.
"La situation à laquelle nous sommes confrontés en Europe est moins grave et les Etats membres n'estiment pas à ce stade qu'un plan comme celui des Etats-Unis soit nécessaire", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia devant le Parlement.

Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, dont le pays préside l'UE, a lui aussi jugé que le plan préparé par Washington, qui va mobiliser 700 milliards de dollars dans la première économie mondiale, n'était pas d'actualité.
"Les Etats membres n'envisagent pas à ce stade d'initiative du même type que celle que viennent d'annoncer les autorités fédérales américaines concernant le rachat à grande échelle de produits toxiques détenus par les acteurs financiers", a-t-il dit.
Les Européens avaient déjà exprimé de très fortes réticences en début de semaine, après que le secrétaire américain au Trésor henry Paulson eut invité les autres grands pays industrialisés à lui emboîter le pas.
L'UE préfère se concentrer sur l'amélioration de la surveillance et de la régulation financière, alors que les Etats-Unis ont pendant longtemps prôné le laisser-faire, persuadés que l'auto-gestion du marché était plus efficace.
"Nous devons réformer notre système financier", a dit M. Jouyet, soulignant la nécessité d'une "action législative et réglementaire rapide".
"Améliorer la régulation des marchés financiers" est "plus urgent que jamais", a indiqué M. Almunia, en prévenant que la crise financière "affecte l'économie réelle" et que les perspectives de croissance sont "incertaines", au moment où les mauvaises nouvelles conjoncturelles se multiplient.
Le moral industriel vient de chuter fortement en Allemagne et en France, les deux plus grandes économies de la zone euro, renforçant les craintes d'entrée en récession.
L'Europe travaille actuellement sur plusieurs pistes: encadrement de l'activité des agences de notation, censées vérifier la solvabilité des emprunteurs mais accusées de ne pas avoir fait leur travail, modification de certaines contraintes sur la solidité des établissements financiers (fonds propres) et meilleure coordination pan-européenne dans le contrôle des banques.
Mais sur certains de ces sujets, comme la supervision bancaire, les Etats membres peinent à se mettre d'accord. Tandis que d'autres initiatives promises n'ont toujours pas vu le jour.
"La Commission n'est pas à la hauteur de la capacité de proposition qui est la sienne", a critiqué l'eurodéputée française Pervenche Bérès, qui préside la commission des Affaires économiques du Parlement.
"Nous devons aller au-delà" des projets indispensables déjà à l'étude, a dit pour sa part M. Jouyet, citant en particulier "la question de la rémunération dans le système financier" et celle des puissants fonds spéculatifs qui pourraient être les prochaines victimes de la crise.
Un écho aux propos tenus mardi par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy à New York, où il a appelé à un sommet mondial des grandes puissances sur le sujet d'ici la fin de l'année.
M. Jouyet a souligné à cet égard l'importance pour l'Europe d'"agir dans le cadre d'une coopération internationale renforcée", au moment où certains experts plaident en faveur de la création d'un autorité mondiale de surveillance financière, pouvant émaner par exemple du Fonds monétaire international

Au final, l'UE apparait plus libérale que les USA par son absence d'interventionnisme, même si elle l'est moins sur le fond puisqu'elle prône un renforcement des règles.

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