Après plus d'un an de déprime boursière, après deux lundi noirs d'affilée, après plusieurs faillites bancaires, la série noire continue.
Mardi soir, la Bourse de New York a continué sa chute, terminant en baisse pour la cinquième séance consécutive et atteignant son plus bas niveau depuis octobre 2003: le Dow Jones a lâché 5,11% et le Nasdaq 5,80%. Le Dow Jones est en dessous de 9500 points.
Les sombres commentaires du président de la Fed, Ben Bernanke, sur la situation de l'économie américaine ont contribué à déprimer les investisseurs, alors même qu'il semblait leur annoncer une prochaine baisse des taux.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a assuré que celle-ci faisait tout son possible pour fournir des liquidités aux marchés, mais qu'elle n'avait pas la capacité de résoudre les problèmes de solvabilité des banques.
Les ministres des Finances de l'Union européenne ont pris leur première mesure commune concrète, après la cacophonie des derniers jours, en se mettant d'accord pour garantir les dépôts bancaires des particuliers jusqu'à 50.000 euros, contre 20.000 auparavant, en cas de faillite de leur banque.
Pour essayer de rétablir la confiance, les 27 pays de l'UE ont promis de soutenir leurs groupes financiers en cas de difficulté. Mais ils se réservent le droit de changer les directions des groupes aidés et de supprimer les parachutes dorés des patrons contraints au départ.
A Washington, le président George W. Bush a discuté de la crise avec les dirigeants français, britannique et italien, soulignant la nécessité d'une coopération.
Interrogé sur l'efficacité du plan de sauvetage du système bancaire américain de 700 milliards de dollars, la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino a expliqué qu'il fallait lui "donner un peu de temps".
Pour la première fois depuis dix ans, l'économie américaine doit faire face à une baisse des crédits à la consommation, moteur de la croissance, qui ont reculé de 3,7% en août (en rythme annuel).
Plusieurs banques européennes ont dû démentir des besoins en capitaux, tandis que Bank of America a chuté de 26,23% après l'annonce de résultats en forte baisse et d'une augmentation de capital de 10 milliards de dollars.
La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé que la première économie d'Europe était "forte et bien armée" pour faire face à la crise financière.
A Londres, le ministre des Finances Alistair Darling doit annoncer mercredi "un plan de soutien complet" au secteur bancaire.
Paris a réaffirmé son engagement à empêcher toute faillite de banque: "Nous avons décidé de garantir complètement la continuité du système bancaire français", a déclaré le Premier ministre François Fillon.
Le gouvernement espagnol a annoncé la création d'un fonds de soutien au système financier de 30 milliards d'euros. Les banques centrales déployaient tous leurs efforts pour éviter une panne du crédit et irriguer le marché interbancaire sur lequel les banques, plus méfiantes que jamais, ne se prêtent pratiquement plus d'argent.