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Article du 02/02/2009

Interview de Philippe Erb (WooGroup) par JDH

Mnemo : mlwoo

Philippe Erb, ancien directeur de banque, puis trader professionnel, auteur du best-seller "tout savoir sur le day-trading", fait la une d'Entreprendre, et revient au premier plan sur la scène financière internationale, avec la création de la société WooGroup dont il est PDG. Récemment introduite sur le marché libre, WooGroup s'attaque au monopole de Western Union sur le marché du transfert d'argent, en utilisant les moyens technologiques les plus modernes qui soient (installation d'automates que sont les kiosques, sortes de distributeurs de billets ultra-sophistiqués) permettant de faire du transfert d'argent "low cost".
Tandis que WooGroup est l'objet du dossier de notre lettre PEPITES du 1er février 2009, Philippe Erb répond aux questions de Jean-David Haddad :

JDH : Mr Erb, tout le monde ne s'attaque pas à un business aussi établi que Western Union... Quand et comment vous est venue l'idée de WOOGROUP?
Philippe Erb : L'idée remonte à 3 ans environ. A cette époque, nous avons cherché à faciliter les retraits par nos clients de leurs plus-values effectués sur les marchés financiers à l'étranger. Nous avons alors démarré des négociations avec une banque et Mastercard afin de pouvoir transférer ces avoirs sur une carte de retrait.
Rapidement nous sommes passés du transfert scriptural à l'idée du transfert de cash après avoir utilisé les services des sociétés de transferts de cash .
Nous avons découvert un marché colossal de plus de 600 milliards de usd par an ou un leader domine sans réelle concurrence et donc des marges très importantes.

JDH : Votre expérience des marchés financiers peut-elle vous servir dans l'aventure WOOGROUP?
PE : Mon expérience de cadre dirigeant de banque me permet de comprendre les métiers de la banque et de savoir ce que pense cette corporation. Cela m'a aidé à obtenir des rdv pour représenter le projet notamment auprès de banque française. De plus j'ai une expérience en tant que correspondant tracfin qui me permet d'appréhender la compliance difficile de nos métiers avec une acuité particulière. Quand à mon expérience des marchés financiers elle nous permet de mieux comprendre et gérer les problèmes de risque de change auxquels nous sommes confrontés en permanence

JDH : En demandant leur avis à des gens d'expérience, je me suis laissé dire qu'un français indépendant (en ce sens qu'il n'est pas soutenu par un grand groupe bancaire) ne peut pas se lancer à l'assaut d'un tel projet. Que répondez-vous à cela?
PE : Je répondrai que c'est faux et vrai en même temps, en fait cela dépends des réglementations nationales. Notre métier est complémentaire à celui des banques, nos clients sont dans leur majorité non bancarisés. Dans de nombreux pays nous négocions avec des banques ; nous apportons la technologie, en contrepartie elle nous permettent d'installer nos kiosques en façade.
La stratégie est gagnante-gagnante puisque nous partageons les commissions, les banques y voient également une opération d'image pour elles ainsi que la possibilité de rendre leur PNB ( produit net bancaire) moins sensible au seul métier de l'intermédiation.

JDH : Votre projet a quelque chose d'éminemment politique (c'est une aide indirecte aux pays en voie de développement et un moyen de bancariser la population non bancarisée). Comptez-vous essayer d'obtenir un quelconque soutien du gouvernement?
PE : Je parlerai même d'aide directe. Il faut savoir que depuis 2005 les transferts d'argent représente la première source de financement de la majorité des pays africains devant les aides et prêts du FMI et de la banque mondiale. Autant dire que ces transferts sont indispensables au développement .Toute réduction du coût de ces transferts ( et nos structure de charges nous permettent de baisser les commissions habituelles de façon très importantes ) se chiffrent rapidement en milliards d'euros en plus investis dans ces pays. A cet égard les autorités gouvernementales et para gouvernementales (banques centrales notamment) sont évidemment intéressés à laisser la concurrence réduire les prix.

JDH : Votre business plan prévisionnel est très ambitieux. Il suppose quel montant de levée de fonds, et sous quelle échéance?
PE : Le business plan tient compte la première année d'une augmentation de capital de 5 millions d'euros. Nous sommes en cours d'entretien avec les gérants de fonds dans ce but. En terme de diversification nous attendons également des investisseurs qualifiés à ce stade.
Mais nous sommes également en contact avancés avec des décideurs économiques et des chefs d'entreprises africains et également avec des groupes financiers d'Arabie saoudites, propriétaires entre autre de plusieurs banques et qui se montrent très intéressés par notre technologie. Ces investisseurs ont une capacité de feu presque illimitée et une volonté réelle d'être des acteurs significatifs dans les métiers de la finance en général et du transfert d'argent en particulier.

JDH : Si vous ne levez que 1 à 2 millions, par combien faut-il diviser le CA et le RN prévisionnels en 2010?

La suite de l'interview, ainsi qu'une analyse complète du dossier, se trouvent dans la lettre PEPITES du 1er février 2009, en vente à l'unité :

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Question subsidiaire de JDH à Philippe Erb, uniquement pour les lecteurs de Francebourse.Com :

JDH : Ce que je vais vous demander n'a rien à voir avec WooGroup, mais en appelle à vos compétences sur la vision des marchés financiers... Comment voyez-vous l'avenir des indices boursiers, et quand espérez-vous un rebond? A moins que vous soyez baissier...
Philippe Erb : Je pense que les marchés sont très bas. Néanmoins, j'attends pour croire au rebond, que les banques commencent à présenter des trimestriels solides qui ne fassent plus apparaitre les effets de la crise financière. C'est pourquoi je m'attends à une zone de trading range sur les mois qui viennent (ça peut être 2800/3300, voire un peu plus large) avec une vraie reprise en fin d'année. Je pense que le plus dur est passé, que 2009 sera une année plus ou moins neutre, avec une forte volatilité, mais que 2010 devrait réellement voire les marchés repartir et fortement

JDH : Merci de ces réponses, et bonne chance à WooGroup!

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