Ecoutez l’interview exclusive de Jacques Moulin, Directeur général délégué d’Heurtey Petrochem, par Francebourse.com.
+ 51 % pour le chiffre d’affaires. + 107 % pour le résultat net par du groupe. Un carnet de commandes à fin 2007 en quasi doublement.
En 2007, Heurtey Petrochem n’a pas failli. La société française, spécialisée dans la conception et la fabrication de fours pour l’industrie du raffinage et de la pétrochimie, a cette année encore conforté ses positions à l’international et son développement, ce qui offre un comptes de résultats 2007 plus que satisfaisant.
La direction d’Heurtey Petrochem n’a d’ailleurs pas manqué d’afficher cette satisfaction et sa confiance lors d’une réunion ce matin, devant une salle comble.
Et Michel Pingeot, PDG du groupe, de rappeler les objectifs qu’il s’était fixés en 2002 : « réorganiser le groupe en Europe, monter en puissance en Inde et prendre le contrôle de son homologue américain, Petro-Chem Development ». Trois choses faites puisque Heurtey Petrochem a fermé son site italien, a monté une filiale porteuse en Inde et vient d’acquérir PCD. La feuille de route est donc remplie, se félicite le dirigeant.
Retour sur un exercice porteur
Remplis sont également les objectifs de croissance. Au titre de 2007, Heurtey Petrochem affiche un chiffre d’affaires de 122,6 millions d’euros, en croissance de 51 %.
Le résultat d’exploitation progresse de 57 % à 4,7 millions d’euros, soit 3,8 % du chiffre d’affaires, contre 3,6 % en 2006.
Le résultat courant double à 4,8 millions d’euros pour, in fine, un résultat net part du groupe en augmentation de 107 % à 3,1 millions d’euros.
En 2007, la croissance d’ Heurtey Petrochem a été portée part l’activité « Fours de raffinage » qui a représenté 75 % du chiffre d’affaires, contre 22 % pour l’activité « Pétrochimie » et 3 % pour celle consacrée à l’hydrogène, qui fait son apparition dans le calcul.
Heurtey Petrochem est bien évidemment alimenté par son activité historique de « Fours de raffinage ». 2007 a pleinement bénéficié du contrat indien Reliance, signé en 2006, rappelle Jacques Moulin, Directeur général délégué, et qui s’étale jusqu’en juin prochain. Ce contrat d’un montant de 100 millions d’euros a porté sur la conception et la fabrication de 28 fours clés en main, destinés à la création d’une nouvelle raffinerie en Inde.
De facto, la zone Asie-Inde représente une part importante du chiffre d’affaires d’Heurtey Petrochem (60 % en 2007, contre 75 % en 2006). Ce contrat avec Reliance est aussi le signe de la montée en puissance de la filiale indienne d’Heurtey Petrochem, créée en 2005, et qui a signé quatre contrats propres au second semestre 2007.
Autre fait marquant de 2007 pour le groupe : le démarrage d’un contrat avec Exxon Mobil portant sur la livraison de fours de craquage d’éthylène à destination de leur unité pétrochimique située à Singapour. Ce contrat, d’un montant de 113 millions d’euros, a été lancé en juin dernier et les dernières livraisons sont prévues pour mars 2010. Dans les chiffres, ce contrat majeur devrait peser très favorablement en 2008 et 2009. A noter qu’Exxon Mobil a déjà versé des avances client pour un montant de 20 millions d’euros au 31 décembre 2007. Montant qui est actuellement intégré dans la trésorerie nette du groupe (pour un total de 32,7 millions d’euros).
Si la zone Asie-Inde est restée prépondérante en termes de chiffre d’affaires en 2007, Heurtey Petrochem a néanmoins grossi sur d’autres marchés et sa répartition géographique du chiffre d’affaires devrait sérieusement changer durant cet exercice.
L’an passé, Heurtey Petrochem s’est bien renforcé en Europe (de 18 à 22 % du chiffre d’affaires). Le groupe bénéficie là d’un marché porteur où les besoins de modernisation voire de remplacement des fours existants se font sentir. Il a notamment reçu sept contrats de la part de Total qui concerne aussi bien ses activités de raffinage (modernisation des fours en France et en Europe), de pétrochimie que d’hydrogène (pour équiper la raffinerie britannique de Total).
Heurtey Petrochem a également grandii au Moyen-Orient, passant de 3 % du chiffre d’affaires à 14 % en 2007. Il reste stable en Afrique où il possède une filiale (4 % du chiffre d’affaires).
Un pied en Amérique du Nord
En 2008, il faudra aussi compter sur l’Amérique du Nord. Avec le rachat tout récent de Petro-Chem Development (PCD), Heurtey Petrochem devrait y faire une entrée remarquée. Intéressé donc depuis longtemps par la société PCD, Heurtey Petrochem en a finalisé l’acquisition courant mars. Les atouts de PCD sont de deux ordres : son implantation dans un marché clé sur lequel le groupe français était jusqu’à présent absent et une meilleure profitabilité qu’Heurtey Petrochem. En 2006, l’EPC américain a réalisé un chiffre d’affaires de 77,6 millions de dollars en 2007, pour un résultat d’exploitation de 6 millions de dollars (soit 7,7 % du chiffre d’affaires), un résultat net de 3,9 millions (5 % du chiffre d’affaires), ce sans endettement.
Une rentabilité et une santé financière qu’Heurtey Petrochem a payé en numéraire (par recours à l’endettement) 25 millions de dollars et en émettant 150 000 nouvelles actions à destination de la famille Limpe, désormais actionnaire du groupe français à hauteur de 4,6 %.
Passée cette première étape, il reste à la direction d’Heurtey Petrochem plusieurs points à regarder concernant les implantations mondiales de PCD. Michel Pingeot s’interroge particulièrement sur la filiale coréenne, présentée par PCD comme une « pépite » dans la mesure où elle a contribué à hauteur de 26 % à son chiffre d’affaires 2007.
En termes d’activités, Heurtey Petrochem, entendu dans son nouveau périmètre, peut se présenter comme le seul EPC capable de traiter tous les projets de grande taille et à posséder cette capacité technologique.
En termes financiers, cette acquisition devrait sans doute faire changer de dimension le groupe même si la direction reste prudente et ne se risque pas à faire de prévisions chiffrées.
PCD affichait au 31 décembre dernier un carnet de commandes de 123 millions de dollars. Celui d’Heurtey Petrochem était alors de 215 millions d’euros, contre 113 millions à fin 2006. Soit un carnet de commandes pro-forma de 300 millions d’euros mais dont les retours réels devrait s’étaler sur 2008 et au-delà.
D’autres relais de croissance
Pour se faire une idée du potentiel de croissance de la société sur 2008, il faut aussi prendre en compte d’autres critères.
Tout d’abord le lancement début 2008 de BETA Heurtey en Roumanie. Il s’agit en fait d’une joint-venture créée à 50/50 avec le fabricant de fours roumain BETA, partenaire historique d’Heurtey Petrochem sur place. Cette opération va permettre au groupe de sécuriser environ la moitié de sa production afin de répondre à la demande.
Autre fait marquant de ce début d’année : la signature en début de mois d’avril d’un contrat inédit pour Heurtey Petrochem qui lui ouvre les portes de la Russie et devrait doper l’activité « Hydrogène ». Ce contrat avec Taneco, filiale de Tatneft, compagnie nationale pétrolière de la République russe du Tatarstan, porte sur la livraison mi-2009 d’un four de production d’hydrogène de très grande capacité. Montant : environ 30 millions d’euros, qui devrait impacter positivement le chiffre d’affaires 2009 d’Heurtey Petrochem. Au-delà, ce projet conforte la direction française dans la création d’une filiale en Russie cette année, pour viser un marché qui devrait être un important relais de croissance une fois que le potentiel aura été épuisé en Europe de l’Ouest.
Enfin, Heurtey Petrochem relance son projet de P2R (« Petroleum Residue Recycling ») qui consiste à traiter et recycler les hydrocarbures restant au fond des bateaux (selon des considérations à la fois de protection environnementale mais aussi d’optimisation de la matière première. Un premier pilote industriel de P2R devrait être installé à Malte dans le courant de l’année. Les premiers résultats sont attendus pour le premier semestre 2009. Mais, d’ores et déjà, cette technologie pourrait intéresser la Chine, notamment le port autonome de Shanghai.
Un carnet de commandes pro-forma de 300 millions d’euros à fin 2007, le drapeau Heurtey Petrochem désormais planté sur le continent nord-américain, un marché européen demandeur en fours pour maintenir et moderniser ses capacités installées, une demande forte en Asie, des développements technologiques à même de créer une nouvelle demande, de nouveaux marchés en phase de conquête : Heurtey Petrochem semble plus que bien armé pour rester sur son trend de croissance pendant encore quelques années (+ 51 % entre 2006 et 2007, + 82 % entre 2005 et 2006 pour le chiffre d’affaires).