Pour la première fois, le dirigeant cubain a fait allusion à un éventuel abandon de ses fonctions dans un message lu hier à la télévision nationale. Fidel Castro est pourtant éloigné du pouvoir depuis plus de 16 mois par la maladie mais continue à tenir les rênes de l’Etat cubain.
Mais aujourd’hui, à 81 ans, il semble que le leader souhaite laisser la place « à des personnes plus jeunes ». En l’occurrence, sans doute son frère Raul qui a hérité de la régence le 31 juillet 2006. Fidel Castro n’a plus été vu en public, autrement que dans des messages télévisés enregistrés, depuis le 26 juillet 2006, veille de sa première intervention chirurgicale des suites d’une grave hémorragie intestinale.
Après un demi-siècle de pouvoir quasiment, Fidel Castro ne prétend donc plus « s’accrocher à des charges ». Il est toutefois toujours dirigeant du Parti communiste cubain (PCC, parti unique) et président du Conseil d’Etat (chef de l’Etat) et du Conseil des ministres, ainsi que chef des armées.
Et son ombre devrait encore planer sur les autorités cubaines. Lui-même le dit souvent : « les révolutionnaires ne se retirent jamais » et il souhaite en tant que « guide suprême » « apporter des expériences et des idées dont la modeste valeur provient de l’époque exceptionnelle qu’il (lui) a été donné de vivre ».
Le vieux dirigeant a de plus fait acte de candidature à la députation le 2 décembre dernier pour le renouvellement en janvier de l’Assemblée nationale, une démarche indispensable à la reconduction de son mandat à la tête de l’Etat. La nouvelle Assemblée nationale désignera dans un délai maximal de 45 jours les 31 membres du Conseil d’Etat, la plus haute instance de l’exécutif cubain, présidée par Fidel Castro depuis sa création en 1976. Elle aura donc la responsabilité historique de reconduire ou non à la tête de l’Etat le fondateur du régime, d’ici au plus tard le 5 mars 2008.