Beaucoup de choses se sont passées pour Montaigne Fashion Group ces derniers mois. Francebourse.com a fait un point complet sur le passé, le présent et l’avenir du groupe avec Gérard Stoly, conseiller du président. « MFG n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était avant la fusion », entame Gérard Stoly, revenant sur la création de la société, née après les déboires de la maison Regina Rubens, liquidée en septembre 2005. La Financière Louis David, avec aux manettes Gérard Stoly et Philippe Gellman, reprennent la société et lancent un plan de restructuration. La Financière Louis David prend « une participation significative » dans Regina Rubens et « rachète la quasi-totalité de la dette bancaire » qu’elle restructure en actions Regina Rubens. Une réorganisation des organes de la société est également mise en œuvre. Avec un nouveau nom, Montaigne Fashion Group, « pour tourner la page des problèmes des années 2000 ».
Philippe Gellman met alors en place sa stratégie : « créer un groupe de luxe indépendant en faisant des acquisitions de marques pour aller au-delà du prêt-à-porter Regina Rubens », nous résume son conseiller. Cela va amener MFG à se rapprocher de la société Irène Van Ryb (YVR), avec qui la fusion a été ratifiée en novembre dernier, et à prendre une participation financière de 34 % dans l’affaire du couturier de mode Franck Sorbier.
Le périmètre de MFG évolue donc fortement en 2007. Sa situation également puisque Montaigne Fashion Group sort de son plan de continuation avec l’échéance, ce qui n’a pas été une mince affaire, note Gérard Stoly. Il a fallu pour cela trouver des accord à toutes les créances qui étaient encore contestées (soit près de 3,5 millions d’euros de litiges) afin de fixer toutes les créances et ainsi sortir de ce plan de continuation.
Cette étape a également été permise par une rentrée d’argent appréciable puisque MFG a cédé deux fonds de commerce parisiens. « La valeur de cession est ressortie supérieure au chiffre d’affaires réalisé sur le fonds de commerce », explique Gérard Stoly. « Cet argent a permis d’accélérer le processus de restructuration. »
Fin 2007, MFG a aussi grandi avec l’approbation de la fusion absorption de la société Irène Van Ryb. Le groupe change ainsi de dimension avec cette opération, souligne Gérard Stoly.
L’exercice 2007-2008 (du 1er avril 2007 au 31 mars 2008) devrait enregistrer un chiffre d’affaires de 7 à 7,5 millions d’euros mais il ne devrait pas « être significatif en termes de résultats », compte tenu d’une activité Regina Rubens encore déficitaire et aux coûts supérieurs aux revenus. En outre, l’activité de Regina Rubens lors de l’exercice qui se termine a généré beaucoup d’éléments exceptionnels qui ne devraient pas se retrouver dans le prochain exercice, explique Gérard Stoly.
L’acquisition d’YVR ne devrait pas peser comme celle de Regina Rubens, bien au contraire. A elle seule, la marque YVR devrait générer 5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en France mais aussi à l’export (en Chine, en Corée, en Russie d’où les commandes commencent à arriver).
La fusion absorption d’YVR est rétroactive au 1er avril 2007. Le chiffre d’affaires de MFG sur neuf mois s’est monté, à périmètre comparable, à 4,090 millions d’euros. Il faudra bien évidemment suivre le bilan de l’exercice qui touche à sa fin en mai mais le vrai rendez-vous pour mesurer la transformation de la société sera sans aucun doute l’exercice 2008, annonce Gérard Stoly.
Concernant Regina Rubens, Montaigne Fashion Group va élargir son catalogue en proposant des robes qui doivent être présentées bientôt dans des salons de mode.
Parmi les autres annonces, il ne fait pas oublier que le titre MFG est sorti du compartiment spécial de l’Eurolist. La valeur retrouve ainsi un vrai statut. « Son image s’améliore doucement », commente Gérard Stoly. « Nous allons procéder par étapes car il faut être lucide. Nous devons démontrer au marché que nous avons rétabli un mode de fonctionnement rentable. Il s’agira pour cela de dégager un résultat d’exploitation équilibré. Un recours au financement par le marché n’est pax exclu. Nous regarderons peut-être vers des investisseurs éloignés, en Chine, en Russie où il y a un vrai intérêt pour les affaires dans le luxe ».
En attendant, MFG peut faire une belle annonce au marché car elle vient d’apprendre par Euronext que son cours va à nouveau coter en continu.
Pour restaurer le « capital-confiance » du marché, MFG continue sur sa lancée. Elle laisse la porte ouverte à des sociétés à connotation de luxe qui viendraient la rejoindre par échange de participation. « Plusieurs dossiers sont à l’étude actuellement », nous a confié Gérard Stoly, avouant que sa société en reçoit beaucoup. La direction de MFG se pencherait notamment sur un « dossier intéressant de marque de luxe dans les vêtements pour enfants, qui a de très bons emplacements ». MFG veut séduire ces sociétés en leur offrant les avantages suivants : une cotation, des liquidités, une force de communication et des moyens de développer leurs marques.
Reste que sur le plan boursier, le titre a bien baissé. Gérard Stoly a attiré notre attention sur une raison spécifique. MFG a en effet appris récemment que LV Capital – LVMH était entré dans le capital de Regina Rubens à l’époque et avait obtenu au pénal une indemnité de 1,5 million d’euros, ramenée en appel à 300 000 euros - a vendu par huissier des titres sur le marché. « Cela a pesé sur les cours récemment », souligne Gérard Stoly.
Aujourd’hui, MFG capitalise à environ 6 millions d’euros, ce qui se monte à moins d’une année de chiffre d’affaires global et représente à peu près la valeur des actifs fonds de commerce. Le titre est donc à un niveau très attractif, avance Gérard Stoly.