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0899 70 24 42
Ouverture du 21 nov 2008
Tarif : 1€35/appel puis 0€34/min
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Northern Rock : Fallait-il sauver le soldat Northern Rock ?
L'intervention des autorités britanniques pour sauver Northern Rock de ce qui aurait pû être une faillite a été critiquée en Grande-Bretagne, où certains jugent que le gouvernement, l'Autorité des marchés financiers et la Banque d'Angleterre ont outrepassé leurs prérogatives."Northern Rock n'est pas assez importante, elle ne présente pas de risque systémique pour l'économie. Il fallait la laisser s'en sortir ou couler par ses propres moyens. Elle aurait dû payer pour ses erreurs", assène le professeur Willem Buiter, de la London School of Economics, dans le quotidien d'affaires City AM mardi.
Jeudi soir, en concertation avec l'Autorité des services financiers (FSA) et le Trésor, la Banque d'Angleterre a consenti à Northern Rock, cinquième prêteur immobilier du pays, des liquidités exceptionnelles pour l'aider à faire face à ses échéances.
Devant le mouvement de panique qui a conduit les petits épargnants à vouloir retirer leurs économies, le ministre des Finances, Alistair Darling, a ensuite pris lundi la décision de garantir tous les dépôts confiés à la banque, sans plafond.
De nombreux commentateurs ont déploré le fait que cette intervention créait un précédent fâcheux, assorti d'un "aléa moral" ( "moral hazard", en anglais): celui de donner l'impression aux investisseurs que les prises de risque extrêmes -- comme les risques pris sur le marché des "subprimes" américain, avant la débâcle -- sont permises, puisque le gouvernement est là pour tirer d'une mauvaise passe ceux qui ont commis des erreurs.
Certains vont jusqu'à se demander si la BoE ne s'est pas reniée en volant au secours de la banque.
Depuis le début de la crise du crédit, la BoE répète en effet fermement que sa mission n'est pas de sauver les investisseurs "malavisés", et que ceux-ci doivent tirer les leçons de leurs erreurs. Voler au secours des déconfits reviendrait à les inciter à prendre encore des risques inconsidérés, et poserait les fondations d'une nouvelle crise "de plus grande ampleur", a souligné jeudi son gouverneur, Mervyn King.
"La BoE n'a fait que fournir une ligne de crédit, à une banque qu'elle juge solvable, sous la supervision du Trésor", nuance Dominic White, économiste chez ABN Amro. "Si elle a donné l'impression d'agir contrairement aux principes qu'elle s'est récemment imposés, c'est clairement en raison d'un impératif politique".
La banque a d'ailleurs souligné dès jeudi qu'en prêtant de l'argent à Northern Rock à un taux d'intérêt pénalisant, de 100 points de base supérieur au taux directeur de la BoE, elle compensait l'"aléa moral".
Mardi, la presse britannique spéculait d'ailleurs sur les tensions entre M. Darling et M. King. Ce dernier serait fâché par l'initiative du gouvernement, de nature à remettre en cause les efforts destinés à assainir la pratique des institutions financières.
Indulgent vis-à-vis de la BoE, Dominic White est du reste plus sévère avec la décision du ministre des Finances.
"Cette mesure n'est assortie d'aucune pénalité, et ne cherche pas à corriger la conduite irresponsable des emprunteurs", juge l'économiste.
Le Chancelier "fantôme" du parti conservateur, George Osborne, s'est aussi ému de cette décision. "En l'espace d'une semaine, M. Darling est passé des attaques contre les pratiques des banques à l'offre d'une garantie d'urgence", s'est-il étonné.
Dans un pays historiquement confiant dans les forces de marché, les autorités devaient-elles donc sauver un "canard boîteux", victime de sa stratégie d'investissement irresponsable, de la faillite ?
A cela, Trésor et Banque d'Angleterre peuvent répondre en déplaçant le problème. Ce n'est pas la survie d'une institution financière qui compte, mais l'épargne de milliers de petits porteurs.
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