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Article du 24/04/2019

Interview exclusive de Frederic Granotier, PDG de Lucibel, après la baisse du titre.

Suite aux résultats de Lucibel et à la chute du titre sous les 1€, Frederic Granotier s'exprime auprès de nos lecteurs. Une exclusivité.


JDH : Bonjour Mr Granotier. On ne présente plus Lucibel aux lecteurs de Francebourse. Entrons dans le vif du sujet. Nous avons connu le cours de Lucibel en meilleure forme ! Que vous inspire la cotation actuelle sous les 1€ ?

FG : beaucoup de frustration, évidemment ! parce que je sais que Lucibel a mis sur le marché de belles innovations qui vont chacune, progressivement, créer beaucoup de valeur pour nos actionnaires ! 1 euro par action, c’est le nominal, c’est-à-dire que c’est le montant investi par chaque actionnaire fondateur dans Lucibel il y a 10 ans, lors de la création de l’entreprise.

JDH : Il faut dire que le marché avait anticipé de mauvais résultats 2018 et que ces derniers sont effectivement loin d'être bons ! L'ensemble des résultats sont dans le rouge, et bien dans le rouge. Du coup vous avez défini cet exercice comme un exercice de transition. En quoi peut-on le qualifier de transition ?

FG : 2018 est un exercice de transition car il est marqué à la fois par les difficultés exceptionnelles rencontrées par notre filiale Cordel et par une restructuration profonde du Groupe, que nous avons entreprise pour réduire les coûts de structure et mieux faire jouer les synergies entre nos entités. Ces synergies porteront leur plein effet à compter du 2ème semestre 2019.

JDH : Donc sur 2019 vous espérez, vous anticipez un retour des résultats dans le vert ? Si oui, quels résultats, pas le résultat net je présume...

FG : pour 2019, nous tablons sur une croissance à deux chiffres de notre chiffre d’affaires et sur un EBE (Excédent Brut d’Exploitation) positif.

JDH : Je trouve que vous avez réalisé récemment une belle opération : une acquisition relutive pour l'actionnaire, réalisée en pur autofinancement, grâce à la vente, parallèlement, du site de Barentin (près de Rouen) pour 4M€ alors que ce dernier avait été acheté à Schneider Electric pour 1.6M€.
Que fait exactement cette société acquise et en quoi va-t-elle compléter votre offre ?

FG : oui, Lucibel vient d’annoncer l’acquisition de la société Lorenz Light Technic, qui est une belle pépite spécialiste de l’éclairage en grande distribution. Cette structure est très rentable (350 K€ de résultat estimé au 31 mars 2019 pour 4,2 M€ de chiffre d’affaires) et possède une vraie expertise dans ce domaine. Nous allons l’intégrer et lui apporter les moyens dont elle a besoin pour se développer, tout en faisant jouer au maximum les synergies avec les autres entités du Groupe.
Cette structure sera également un très bon vecteur pour la commercialisation de nos innovations, et notamment de notre technologie VLC, qui permet la géolocalisation d’un client dans un point de vente et l’envoi d’informations produits spécifiques pour l’encourager à acheter. Dans un commerce physique, plus que jamais, la technologie LED devient un vrai outil d’aide à la vente ! C’est ce qu’on appelle le phygital : l’irruption des technologies numériques, au premier rang desquelles la LED, dans le monde du commerce physique.
Cette acquisition a été financée par la cession de notre site de Barentin, près de Rouen, cédé pour 4M€ dans un mécanisme de « sale and lease back ».

JDH : Seulement, certains peuvent avoir une autre lecture de cela ; j'ai en effet entendu dire "Lucibel vend les bijoux de famille". En quoi cette cession n'est pas une vente des bijoux de famille ?

FG : à moins d’un euro par action, la capitalisation boursière de Lucibel est inférieure à 14M€, soit moins que les capitaux propres consolidés au 31 décembre 2018, qui étaient de 15,3 M€.
Nous savions que nous avions une plus-value latente significative sur ce site de Barentin, et nous avons pensé que Lucibel créerait beaucoup plus de valeur actionnariale en cédant ce site pour faire des acquisitions ciblées qu’en restant propriétaire de cet actif immobilier.
Les 4M€ de valeur de cession représentent donc près de 30% de la capitalisation boursière du Groupe. Je suis convaincu que si on valorise séparément chacun des actifs de Lucibel (ses filiales Procédés Hallier, Cordel, Lorenz Light Technic, Line 5, Lucibel Middle East et Lucibel Africa) et toutes ses innovations (LiFi, VLC, CRONOS …) on aboutirait à une valorisation bien supérieure aux 14 M€ de capitalisation boursière.

JDH : Si on regarde bien votre bilan 2018, les seuls chiffres qui vont dans le bon sens, c'est la réduction de la dette. Est-ce qu'une poursuite de ce désendettement aura lieu en 2019 du fait de la vente du site de Barentin ?

FG : Au 31 décembre 2018, Lucibel possédait 1,6 M€ de trésorerie brute et 3,2 M€ de dettes, soit une dette nette de 1,6M€ et un gearing de 0,1, ce qui est très faible en effet. Nous avons donc cédé le site de Barentin pour 4M€ et avons acquis la société Lorenz avec un paiement initial de 1,1 M€. Notre structure financière est donc très saine en effet.

JDH : J'ai chiffré à moins de 2 millions d'euros l'acquisition de la société Lorenz Light Technic. Confirmez-vous ?
FG : oui, en effet. Au-delà de montant de 1,1 M€ payé lors de la signature, nous verserons à la famille Lorenz, qui détenait la société, une quote-part des résultats nets des exercices à venir : 60% du résultat au 31 mars 2019 de Lorenz Light Technic, 30% de son résultat entre le 1er avril 2019 et le 31 décembre 2019, et 20% de son résultat net sur l’année 2020. Selon ses résultats à venir, cela devrait représenter au total entre 1,5 M€ et 1,7 M€. Si l’on retire la trésorerie nette que la société possédait lors de son rachat par Lucibel (près de 600 K€), cela donne un prix d’acquisition total de l’ordre de 0,9 à 1,1 M€, soit environ 3 fois son résultat net au 31 mars 2019, ce qui est un prix très raisonnable.
Le dirigeant fondateur de Lorenz Light Technic, Monsieur Jean-Marc Lorenz, n’a pas retenu l’offre financière la plus élevée pour la cession de sa société mais il a privilégié le projet qui lui semblait le plus pertinent et créateur de valeur sur le long terme. Nous l’avons nommé au sein du Comité Exécutif du groupe Lucibel pour qu’il nous fasse bénéficier de toute son expertise.

JDH : Est-ce qu'une nouvelle augmentation de capital est possible cette année sur Lucibel ?

FG :
Nous excluons totalement une augmentation de capital sur Lucibel cette année. La cession du site de Barentin nous a donné les moyens d’effectuer l’acquisition de la société Lorenz Light Technic et de poursuivre notre développement.

JDH : Pouvez-vous rappeler en quelques mots votre activité cosmétique via le LINE5 ? Et pensez-vous toujours à une éventuelle filialisation de LINE 5 afin de vendre quelques parts de cette entreprise et lui donner une vie boursière autonome ?

FG : LINE 5 est notre filiale de vente aux particuliers de solutions innovantes utilisant la technologie LED, notamment un pad cosmétique, conçu avec des dermatologues, qui permet de traiter rides et vergetures par administration de lumière LED, ou encore HYPNOS, conçu avec des médecins, qui est le premier luminaire d’aide à l’endormissement. HYPNOS permet de favoriser la sécrétion de mélatonine (dite « hormone du sommeil ») par le corps humain, pour permettre un endormissement plus rapide et une meilleure qualité de sommeil.
Depuis 2 ans, nous avons une croissance forte de cette activité LINE 5. Elle a généré 1M€ de chiffre d’affaires l’an dernier et était rentable. Votre question rejoint notre échange précédent sur la capitalisation boursière de Lucibel qui est inférieure à une valorisation en « somme des parties ». La seule chose que je puisse vous dire, c’est que nous réfléchissons aux actions à entreprendre pour que cette décote, dans la valorisation de Lucibel, disparaisse rapidement.

JDH : Vous dites que c'est vraiment en 2021 que le LIFI arrivera sur les smartphones et tablettes. Est-ce à partir de là que Lucibel va vraiment exploser et devenir une star après cette période difficile ?

FG : un processus de standardisation, au niveau mondial, de la technologie LiFi a débuté en juillet dernier et devrait aboutir à la publication d’une norme LiFi fin 2020. Les plus grands fabricants de smartphones et ordinateurs suivent attentivement les travaux de ce groupe de standardisation, dans lequel Lucibel est très impliquée, pour pouvoir intégrer de façon native la capacité à lire un signal LiFi dans les smartphones et ordinateurs de demain.
On estime en effet que ces premiers produits seront mis sur le marché début 2021, et c’est en effet cela qui va permettre un décollage de la technologie LiFi, d’abord dans les segments professionnels, puis pour les particuliers. Forte de ses brevets et de sa base clients, Lucibel va en effet pouvoir, à ce moment-là, tirer tous les bénéfices du décollage de cette technologie disruptive !

JDH : Quelle position vous reste-t-il dans Lucibel à titre personnel ?
FG : Etoile Finance, ma société holding personnelle, et moi-même, détenons, ensemble, 13,3% du capital de Lucibel.

JDH : Je vous remercie de tous ces éclaircissements

 
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