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Article du 21/12/2017

JDH interviewe un patron hors-normes d'une société hors-normes!

JDH a rencontré pour une interview, un patron ambitieux et hors-normes! Il s’agit de Régis Revilliod, un ancien capitaine de marine marchande, désormais à la tête d’un projet qui a de quoi attirer l’attention car cela n’existe nulle part ailleurs au monde ! Il ne s’agit pas d’une société cotée mais en passe de l’être puisqu’une IPO sur Euronext Access est prévue en début d’année 2018. C’est une interview exclusive pour les lecteurs de Francebourse !

JDH : Mr Revilliod, bonjour. Si j'ai bien compris votre activité, en quelques mots, un navire parcourrait les eaux internationales, il aurait à son bord une véritable usine ambulante installée, qui irait directement puiser de l'eau à plus de 300 mètres de fond pour la potabiliser (valoriser/affiner) et l'embouteiller. Est-ce exact ? Pouvez-vous compléter ?

RR : Exactement, vous avez bien compris. OFW Ships est une compagnie maritime française, à l’origine du navire embouteilleur. Comme vous l’avez dit, ce bateau naviguera en haute mer, loin des côtes, pour collecter les eaux à environ 300 mètres de profondeur. L’eau y est pure, riche en minéraux et abondante. Avec son usine embarquée, il affinera l’eau recueillie et l’embouteillera ensuite. La production et le conditionnement se feront en même temps que le trajet de livraison, pour gagner du temps et réduire la distance de livraison. Cette solution permet de répondre à une demande croissante pour l’eau en bouteille, un marché mondial en plein essor.

JDH : Comment vous est venue cette idée ?

RR : Après ma carrière dans la marine marchande, je suis devenu entrepreneur. J’ai créé une entreprise de logiciels industriels, spécialisée en procédés offshore et agroalimentaire. Alors que nous terminions l’automatisation d’une ligne d’embouteillage pour un client, j’ai eu le déclic. Pourquoi ne pas embarquer une ligne de production à bord d’un navire, qui produirait tout en transportant ? On dessale quotidiennement l’eau de mer à bord des navires. L’idée d’embouteiller à bord est une étape supplémentaire à notre portée.

JDH : Pouvez-vous nous en apprendre un peu plus sur votre parcours personnel, qui intéressera les investisseurs car on sait très bien à quel point le capitaine du navire (c'est le cas de le dire ici) est important sur les PME ?

RR : Dieppois de naissance, j’ai vécu et fait mes premières classes dans la marine marchande à Paimpol, Saint-Malo, et au Havre. J’ai enchaîné avec des commandements dans le monde de l’offshore avant d’intégrer la direction de la Compagnie Générale des Eaux (VEOLIA). Comme je vous l’ai dit juste avant, j’ai ensuite créé mon entreprise d’ingénierie d’informatique industrielle. J’ai toujours été persuadé que l’on ne se tournait jamais assez vers la mer, que l’on sous-estimait son potentiel. Plein d’idées en tête, j’avais commencé à dessiner les premières ébauches de projets qui me tenaient à cœur. D’entrepreneur, je suis passé entrepreneur de la mer. OFW Ships est aujourd’hui devenu une PME dans les starting-blocks.

JDH : Existe-il ailleurs au monde de l'eau minérale venant des fonds marins ?

RR : En effet, nous ne sommes pas les premiers à croire en cette ressource. Dans toute l’Asie orientale, cette eau est commercialisée depuis la fin des années 80. On commence à en parler aux Etats-Unis et en Europe également. Pour 2017, les prévisions font état d’un marché devant atteindre 1,75 milliard de vente pour environ 400 à 600 millions de bouteilles.

JDH : Etes-vous passionné des fonds marins, pour vouloir en extraire de quoi "déssoiffer" la planète?

RR : De par ma formation, la mer et le monde maritime ont toujours occupé une place importante dans ma vie. Nous vivons sur la planète bleue, couverte à plus de 70% d’eau. Et pourtant, elle a soif. Aujourd’hui, l’Homme se concentre sur l’eau, qui ne représente que 3% des ressources mondiales en eau. Nous proposons donc d’aller chercher l’eau là où elle est abondante, pure, exempte de pollution et riche en minéraux.

JDH : Pourquoi souhaitez-vous vous introduire en bourse ?

RR : OFW Ships s’est appuyée, pendant 3 ans, sur le financement de sa maison mère pour mener les études de faisabilité. Un fois la faisabilité validée par Bureau Veritas et les laboratoires Alpa, nous avons entamé la recherche de financement. 35 investisseurs ont répondu à l’appel, pour un montant de près de 3M€ levé en seulement quelques mois. Nous souhaitons accélérer notre développement. La bourse nous offre une solution de financement pour acquérir et transformer notre premier navire et financer notre croissance.

JDH : De combien de fonds (financiers et non marins cette fois) avez-vous besoin pour réaliser votre projet ?

RR : Pour pouvoir acheter et transformer le premier navire de notre flotte, nous avons besoin de 35 millions. Nous avons étudié les différentes solutions possibles et nous avons décidé de nous lancer avec un navire existant pour réduire les coûts et le temps de transformation. Aujourd’hui pour construire le navire dont nous aurions besoin nous devrions compter 2 ans de fabrication et 200 millions d’euros !

JDH : Au bout de combien de temps serez-vous rentable ?

RR : Nous avons fait en sorte que nos navires soient rentables dès la première année de production. À date, nous avons déjà un carnet de précommandes plein à 5 ans pour ce premier navire.

JDH : Quel niveau de rentabilité espérez-vous ? En termes de marges.

RR : Notre navire embouteilleur est une éco-solution d’un nouveau genre. Notre activité est plus rentable que celle d’un embouteilleur conventionnel car il cumule deux activités : il produit l’eau et la transporte. Cela génère une économie de coûts et de distance. De plus, nous avons accès à une source d’eau intarissable et renouvelable. Des marges nettes, à terme, de l'ordre de 50% ne seraient pas impensables! Car il faut savoir que notre entreprise est classée en tant que compagnie maritime, ce qui l'exonérera d'impôts à vie, je dis bien à vie! Ainsi que de charges patronales et de taxes douanières! Tout cela laisse plus de place pour réaliser de la marge.

JDH : Compagnie Maritime, un peu comme GTT, que nos lecteurs connaissent bien, et qui réalise des marges très élevées?

RR: Exactement. Nous ne faisons pas le même métier mais la catégorie juridique est effectivement la même.

JDH : Eco-solution, quels sont vos engagements pour produire plus responsablement ?

RR : En combinant production et transport vers le port de livraison, notre navire réduit considérablement l’empreinte carbone. Par ailleurs, en dispersant très faiblement les rejets salins, notre usine ne perturbe pas l’équilibre du biotope marin. L’eau collectée est utilisée pour la climatisation de l’usine et les vitesses de navigation maîtrisées pour une économie de combustible. Mais ce dont je suis le plus fier, c’est que nous serons les seuls à recycler à bord le plastique de nos bouteilles usagées. Ce plastique sera transformé en palettes pour le transport à terre.

JDH : Avez-vous l'intention de communiquer au marché régulièrement une fois coté ?

RR : C’est l’idée en effet. La communication est primordiale pour tous ceux qui comptent rejoindre la vision de OFW Ships : produire l’eau de demain plus responsablement. À l’heure de la transition écologique, il est important de communiquer régulièrement sur la tenue de nos engagements. Notre objectif est de communiquer de façon exemplaire, notamment en termes de reporting sociétal et environnemental.

JDH : Que souhaitez-vous dire de plus à nos lecteurs ?

RR : La bourse est aussi, pour nous, l’occasion de s’adresser à tous les investisseurs, quel que soit leur budget. Chacun peut embarquer avec nous et devenir un éco-entrepreneur de la mer.

JDH : Ultime question... puisque c’est votre première interview au micro de Francebourse, la rituelle question que je pose : quel chef d’entreprise admirez-vous le plus ou auriez-vous le plus voulu être ?

RR : Mon expérience dans l’informatique industrielle me pousse à vous dire Bill Gates. Un entrepreneur talentueux, qui n’en oublie pas de promouvoir l’investissement socialement responsable, un peu partout sur la planète.

JDH : Merci beaucoup pour cette interview et bonne IPO!

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