Chères lectrices, chers lecteurs
Il y a un peu plus de deux mois, j'ai recommandé PayPal à plusieurs reprises dans ces colonnes. La thèse était simple et je l'avais développée en détail : un titre massivement sous-évalué à 9 fois les bénéfices, un rendement caché considérable via des rachats d'actions massifs, et surtout un rang social totalement déconnecté de la réalité opérationnelle de l'entreprise ; le marché traitait un leader mondial du paiement digital comme une fintech moribonde, alors que les chiffres racontaient une tout autre histoire.
Aujourd'hui, cette thèse vient de recevoir la validation la plus spectaculaire qui soit. Le titre gagne plus de 30% dans notre portefeuille, alors qu'il y a encore 2 semaines, la ligne était dans le rouge. La hausse a démarré doucement et s'est accélérée en quelques séances.
Dans la vidéo privée réservée aux abonnés à la Quinzaine de Francebourse, je disais il y a 3 jours que c'était les dernières soldes et qu'il fallait en profiter.
Désormais il est trop tard.
Voilà ce qui s'est passé...
Stripe et le fonds Advent International — potentiellement épaulés par Block — ont fait une offre de rachat de PayPal à 60,50$ par action, soit environ 53 milliards de dollars, adossée à près de 50 milliards de dollars de financement bancaire déjà engagé. Le titre a bondi de +17% dans la séance de mercredi, l'une des meilleures journées de son histoire boursière, sur un volume record.
Ce qui est encore plus révélateur, c'est que ce bond ne sort pas de nulle part. Le titre avait déjà commencé à monter juste avant l'annonce — un mouvement de fond qui montre que le marché commençait, indépendamment de toute rumeur de rachat, à réévaluer la décote que nous avions identifiée dès le mois de mai.
Cette confirmation sociologique, c'est exactement le mécanisme que nous documentons méthodiquement dans nos colonnes depuis des mois : un rang social durablement déclassé par la foule, sans rapport avec la réalité fondamentale de l'entreprise, finit toujours par se corriger — soit parce que le marché change d'avis de lui-même, soit, comme ici, parce qu'un acteur suffisamment informé et suffisamment capitalisé décide de profiter de la décote à la place du marché. Des financiers aussi sophistiqués que Stripe et Advent International ne mettent pas 53 milliards de dollars sur la table par sentimentalisme. Ils ont fait exactement le même diagnostic que nous : PayPal valait beaucoup plus que ce que la foule voulait bien lui accorder.
C'est la démonstration la plus éclatante qu'on puisse espérer de ce que nous appelons le déclassement narratif injustifié — quand le rang social d'un titre se dégrade plus vite et plus fort que ne le justifient ses fondamentaux réels, l'écart finit toujours par se combler. Parfois en quelques mois, comme ici. Parfois plus lentement. Mais il se comble.
Que faire sur cette ligne?
Voici ma position et donc le suivi de cette ligne :
Si vous êtes abonné : identifiez-vous :