Le cours de l'or s'effondre et bat le CAC 40 en volatilité
Article du 03/11/2026
L’or n’est plus une valeur refuge : il est près de trois fois plus volatil que le CAC 40
On nous répète depuis des années que l’or est le refuge ultime : quand les marchés vacillent, on se réfugie dans le métal jaune. Le graphique ci-dessous, qui compare l’or au CAC 40 depuis octobre 2025, raconte une tout autre histoire.
Deux courbes, deux tempéraments
Sur la période, le bilan final est quasi identique : le CAC 40 est à environ +2 %, l’or à environ +3 %. Mais le chemin parcouru n’a rien à voir.
Le CAC 40 a évolué dans un couloir étroit, d’environ -3 % à +10 % par rapport à son point de départ, soit une amplitude d’une douzaine de points.
L’or est monté jusqu’à près de +41 % fin janvier 2026, avant de s’effondrer. Son amplitude dépasse 35 points, soit près de trois fois celle de l’indice.
Entre-temps, l’or a connu plusieurs séquences de forte hausse et de forte baisse : un record historique autour de 5 600 dollars l’once fin janvier, un plongeon de plus de 8 % en une seule séance le 30 janvier, un rebond au printemps, un nouveau pic en août, puis une glissade qui l’a ramené à son point de départ. Un refuge est censé protéger. Là, c’est un manège.
Une chute de près de 30 % depuis le record
Aujourd’hui, l’or s’échange autour de 3 900 dollars l’once, soit près de 30 % sous son sommet de janvier. Il a perdu 6,8 % sur le seul mois d’octobre, est repassé sous la barre des 4 000 dollars et touche son plus bas niveau depuis un an. Pendant ce temps, le CAC 40 vient de repasser les 8 000 points.
Plusieurs facteurs pèsent sur le métal :
La remontée des taux. Le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans a dépassé 5,3 % en octobre, son plus haut niveau depuis près de vingt ans, et les marchés anticipent de nouvelles hausses de taux de la Fed. Or l’or ne rapporte aucun intérêt : quand les taux montent, le détenir coûte plus cher en manque à gagner.
Un dollar fort, qui renchérit l’or pour les acheteurs hors zone dollar.
Les ventes forcées. Quand les actions technologiques liées à l’IA ont chuté la semaine dernière, des investisseurs ont vendu de l’or pour couvrir leurs pertes ailleurs. Quand on a besoin de liquidités, on vend ce qui a gagné.
L’argent est dans le même bateau, en pire
Le métal blanc, souvent présenté comme le petit frère de l’or, a perdu environ 16 % en un mois et vient de repasser sous les 53 dollars l’once, un niveau qu’il n’avait pas touché depuis novembre 2025. Il était encore au-dessus de 67 dollars en septembre. Le ratio or/argent s’est dégradé, signe que l’argent chute plus fort que l’or.
Ce que cela change pour l’épargnant
Le propos n’est pas de dire que l’or est un mauvais actif. Il peut avoir sa place dans un portefeuille, mais il faut le regarder pour ce qu’il est devenu : un actif spéculatif, sensible aux taux, au dollar et aux flux des investisseurs, et non un coffre-fort qui amortit les chocs. Le CAC 40, avec ses défauts, a été nettement plus stable que le métal sur la même période, tout en versant des dividendes que l’or ne verse pas.
Un refuge, c’est ce qui ne bouge presque pas quand tout bouge. À l’aune de ce critère, l’or a échoué.