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EADS : Même parti, Forgeard fait encore des vagues

Article du 11/04/2007

Mnemo : EAD

Golden parachutes, indemnités dorées, stock-options … : le vocabulaire du traitement des grands patrons fait son entrée dans la campagne à l’occasion de l’annonce des indemnités de départ qu’a reçues Noël Forgeard en quittant EADS en 2006. La somme est importante : plus de 6 millions d’euros. Voire même 8,5 millions d’euros, si l’on ajoute une prime de non-concurrence de 2,4 millions d’euros, selon un document destiné aux actionnaires d’EADS.

Les réactions à gauche de l’échiquier politique

Pour le PS, dans un communiqué, « l’Etat étant actionnaire de référence du groupe EADS, il est évident que le gouvernement a autorisé le versement de ces indemnités ».
Rappelant son « opposition » au plan Power 8 qui prévoit 10 000 suppressions d’emplois à Airbus, le parti « renouvelle son engagement d’encadrer par la loi le montant et les conditions de versement des rémunérations des dirigeants ». Il entend également « rendre obligatoire la publication dans les groupes côtés d’un rapport qui fixera une fourchette entre les plus basses et les plus hautes rémunérations, stock options et indemnités de départ comprises ».
Ce matin, la candidate socialiste sur France 2 a parlé de « provocation » et de « scandale ». « Si je suis élue présidente de la République, a-t-elle dit, dans les entreprises où l’Etat est actionnaire, il exercera ses responsabilités c’est-à-dire qu’il rendra publique la rémunération des hauts dirigeants ». « L’Etat mettra en place de vraies politiques industrielles et ne tolérera pas que des dirigeants qui ont échoué partent avec la caisse tandis que des salariés, eux, paient les pots cassés ».
Ségolène Royal a aussi vivement critiqué le plan de restructuration Power 8 demandant « aux dirigeants d’Airbus de retirer la totalité du plan (…) pour que nous mettions à plat la façon dont sont justifiées les suppressions d’emploi. Est-ce que ce sont des licenciements boursiers ou sont-ils justifiés par des stratégies industrielles ? ».

Des critiques de la part de la gauche antilibérale

Olivier Besancenot et José Bové n’ont pas manqué de dénoncer le montant « stupéfiant, inadmissible » des indemnités versées.
« Quel scandale ! Noël Forgeard se voit remercier d’EADS avec 8,4 millions d’euros. Une fois de plus les grands patrons s’en mettent plein les poches. Au même moment, la direction de PSA refuse aux ouvriers en grève d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) une augmentation de salaire de 300 euros », a déclaré Olivier Besancenot dans un communiqué.
Le candidat de la LCR a réclamé « une autre répartition des richesses, que tous ces profits soient répartis autrement et utilisés pour augmenter les salaires, les pensions de 300 euros net, fixer le SMIC à 1 500 euros net, pour la création d’emplois, la défense des services publics ».
De son côté, José Bové a demandé « une commission d’enquête parlementaire sur les patrons voyous ».
Il s’est dit « écoeuré par ces patrons qui jettent les travailleurs comme des kleenex et s’en mettent plein les poches avant de partir ». « Celui qui ne paie pas le ticket de RER va en prison, celui qui vole et met au chômage des milliers de salariés touche des millions. Cela ne peut plus durer », a-t-il lancé.
Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière, voit « quelque chose d’extrêmement révoltant » dans le rapprochement entre la fin du conflit chez PSA et le montant des indemnités de l’ex-PDG d’Airbus, a-t-elle déclaré sur France Inter.
Soulignant « les profits » de l’entreprise, elle a estimé qu’ « il n’y a aucune justification à ce que les travailleurs d’Airbus soient mis à la porte ».

8,5 millions d’euros pour un licenciement

Ces critiques sont d’autant plus vives qu’elles renvoient à une indemnité de départ très élevée pour l’ancien PDG qui a quitté Airbus dans des conditions peu faciles.
Il était également fragilisé par l’exercice controversé en mars 2006 de stock-options, dont il avait retiré une plus-value de 2,5 millions d’euros, peu avant l’annonce de nouveaux retards de l’A380. Noël Forgeard a toujours clamé sa bonne foi, en assurant qu’il n'était pas au courant des retards du gros porteur lorsqu’il a vendu son paquet d’actions. L'Autorité des marchés financiers (AMF) a ouvert une enquête sur de possibles délits d’initiés au sein du groupe.
Comment se décompose la somme ? « En vertu de son contrat de travail, Noël Forgeard a eu droit à six mois de préavis, représentant une somme de 1 223 317 euros (salaire brut et bonus), et des indemnités de départ de 4 893 268 euros, soit deux ans de salaire brut annuel », écrit EADS dans un document publié avant l’assemblée générale des actionnaires le 4 mai.
En 2005, Noël Forgeard avait touché une rémunération brute de 2,33 millions d’euros, comprenant un salaire fixe annuel de 1,13 million d’euros et un bonus de 1,2 million d’euros.
En outre, l’ex-dirigeant bénéficie à partir de 2007 d’ « une indemnité de non-concurrence de deux ans, qui représente un montant brut mensuel de 101 917 euros », soit 2,44 millions sur vingt-quatre mois, indique EADS.
Enfin, selon le document, Noël Forgeard détient encore 297 000 stock-options valables en principe jusqu’à 2013, 2014 et 2015.
Pour les syndicats, mécontents, « le premier scandale, c’est que c'est légal », a déclaré à l’AFP Jean-François Knepper, délégué syndical FO (majoritaire) et vice-président du comité européen d’Airbus.

Francebourse.com – Alexandra Voinchet, avec AFP
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