France Bourse
Abonnez-vous

Peut-on encore investir en Suisse quand la France emprunte à 4,88%, la Suisse à 0,48%?

Article du 31/10/2026
Au 30 octobre, la France emprunte à dix ans à 4,88%. La Suisse emprunte à 0,48%, soit dix fois moins cher.
Dans le monde de la dette, ce chiffre est une mesure de rang social : plus un État inspire confiance, moins il paie pour s’endetter. Ces dernières semaines, la confiance s’est déplacée.

Pourquoi un tel écart ?

La Suisse cumule les atouts que les marchés recherchent aujourd’hui. Sa dette publique figure parmi les plus faibles d’Europe (39% du PIB), quand celle de la France atteint 119% du PIB. Son budget fédéral est attendu en excédent en 2026. Son inflation reste à 0,8% en août, quand elle atteignait 3,3% dans la zone euro. Sa banque centrale maintient son taux directeur à 0% depuis juin 2025, et la monnaie reste une valeur refuge. Quand l’Europe s’inquiète pour ses finances, les capitaux se réfugient sur les obligations suisses, ce qui fait baisser leur rendement davantage encore.

La vraie question : investir en Suisse, maintenant ?

Le raisonnement d’un investisseur en actions n’est pas celui d’un acheteur d’obligations. Un rendement à 0,48% ne dit pas que les entreprises suisses sont bon marché, il dit que l’argent y est cher à acquérir. Voici ce qu’il faut peser.

Les arguments en faveur de la Suisse. Le marché est dominé par la santé (environ 38% de l’indice MSCI Switzerland), la finance (21%) et la consommation de base (14%), trois secteurs défensifs, avec des géants comme Nestlé, Novartis et Roche. Ces valeurs correspondent bien à notre époque : vieillissement de la population, besoin de stabilité, refuge face aux soubresauts européens. Les actions suisses affichent environ +7% depuis janvier en francs suisses.

Les réserves. Les valorisations sont élevées, avec un PER voisin de 25 sur l’indice. La BNS pourrait relever ses taux : le marché anticipe une hausse début 2027, et un taux directeur qui monte pèserait sur les actions comme sur les obligations. Le franc a perdu du terrain face à l’euro et au dollar ces derniers mois, ce qui joue sur la performance en euros.

Les contraintes pratiques pour un Français. Les ETF et les actions suisses ne sont pas éligibles au PEA, et la fiscalité est particulière : un dividende suisse subit 35% de retenue à la source, dont 20 points se récupèrent via la convention franco-suisse, ce qui ramène le coût final à 15%. Les ETF luxembourgeois ou irlandais sur la Suisse évitent cette complexité.

Notre lecture

On peut encore investir en Suisse, mais pas comme on y allait quand les taux étaient bas partout. Aujourd’hui, la Suisse n’est plus une exception de rendement : c’est un refuge, avec le prix d’un refuge. J’y réponds en détail dans ma vidéo, en ligne sur FranceBourse TV :
www.youtube.com

Jean-David Haddad
Éditeur, Francebourse.com
Bourse, Finance

Publications précédentes

Nos portefeuilles
Performances actualisées le 03/05/2026
Croissance : +1003.5%
Depuis sa création en 2001
Rendement : +422%
Depuis sa création en 2012
Déposées à la Bibliothèque Nationale de France
Actuellement
Suivi de recommandation
Recommandation
Recommandation
Analyses technique
Analyses fondamentales