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Santé : Les pharmaciens inquiets des appétits que leur marché suscite

Article du 08/04/2008

Les pharmaciens ont décidé de monter au créneau pour mettre un « coup d’arrêt aux intérêts mercantiles » de distributeurs comme Leclerc ou de l’Union Européenne.
La profession, qui va lancer dans les prochaines semaines une campagne nationale d’information sur le sujet assurant que seul un « professionnel de santé publique » peut vendre en toute sécurité des médicaments, se sent doublement attaquée.
D’une part par la grande distribution qui voit, dans l’annonce du gouvernement de mettre en libre service ce printemps quelque 200 médicaments dans les pharmacies, une brèche pour vendre un jour des médicaments directement en supermarchés.
D’autre part par la Commission européenne qui veut remettre en cause les contraintes d’actionnariat spécifiques aux officines françaises, ce qui pourrait mener à une « disparition des pharmacies en milieu rural », selon la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF, représentant 10 000 pharmacies).
Actuellement, la France, qui compte 23 000 pharmacies implantées jusque dans la moindre bourgade, interdit qu’un même titulaire puisse posséder plus d’une officine et exige que le propriétaire soit un pharmacien, deux conditions qui empêchent les grands groupes de pénétrer sur ce marché. Mais la grande distribution frappe à la porte. Michel-Edouard Leclerc, patron des centres éponymes, a ainsi assuré la semaine dernière qu’il pourrait vendre des médicaments à prescription facultative 25 % moins chers dans ses parapharmacies par rapport à la moyenne si le gouvernement ouvrait ce marché.
Une affirmation qualifiée de « publicité mensongère » par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. A Michel-Edouard Leclerc, qui affirme qu’ « il n’y aura de modération de l’inflation des médicaments que si on met en concurrence les pharmacies et d’autres réseaux de distribution », la ministre rétorque que « les expériences étrangères montrent qu’après trois mois de baisse les (prix des) médicaments flambent ».
Les trois syndicats de pharmaciens (FSPF, UNPF et USPO) mettent en avant la signature d’une Charte de bonnes pratiques commerciales avec les Entreprises du médicament (Leem, patronat) et l’Association française pour une automédication responsable (Afipa), pour garantir des prix « maîtrisés » sur les médicaments non remboursables en libre accès en pharmacie. A l’Ordre des pharmaciens, on assure que « la concurrence se fait à l’intérieur d’un réseau sécurisé » et que la profession s’engage à une « baisse des prix ». Soulignant que le prix des 100 premiers médicaments de médication officinale a augmenté de « seulement 1 % en 4 ans », l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO, qui dit représenter 3 000 officines) ironise en disant trouver « dommage que les grandes surfaces ne soient pas aussi performantes pour défendre le pouvoir d’achat des Français ».
Surtout, les pharmaciens tiennent à se positionner comme des « professionnels de santé publique » essentiels au parcours de soins. S’inquiétant d’une « banalisation des médicaments » qui contiennent tous un « principe actif potentiellement dangereux », le Collectif national des groupements de pharmaciens d’officine (CNGPO, regroupant 8 500 pharmacies) affirme que la « mission première » du pharmacien est d’être un « acteur de la chaîne de soins qui place le patient, sa santé et sa sécurité, et non l’argent, au centre de ses préoccupations ».




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