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Allemagne : Foot, gaz, mode, le grand appétit des investisseurs russes

Article du 05/05/2008

Quel point commun en Allemagne entre un club de foot, un chantier naval, un gazoduc et un défilé de mode ? Derrière chacun peut se cacher un milliardaire russe.
Dernier exemple en date : Alexeï Mordachov, patron du géant de l’acier Severstal. Le 7 mai, il sera la vedette de l’assemblée générale du groupe de tourisme et fret maritime TUI dont il a détient un peu plus de 10 % des actions. Avant sans doute de passer la barre des 20 %, a-t-il annoncé.
Les hommes d’affaires russes s’intéressent aussi aux chiffons, au bâtiment, à l’aérien : Rustam Aksenenko détient plus d’un quart du capital du groupe de couture Escada ; l’oligarque Oleg Deripaska s’est offert près de 10 % du numéro un du BTP, Hochtief ; la compagnie aérienne Air Berlin a accueilli dans son capital le milliardaire Leonard Blavatnik.
Le meilleur emblème des ambitions russes en Allemagne reste le géant Gazprom, à la recherche de débouchés pour les capitaux amassés grâce à la flambée du prix des hydrocarbures. Le groupe s’est payé une vitrine de choix : il fait depuis 2006 porter ses couleurs au club de football Schalke 04. Plus discrètement, Gazprom place ses pions dans le secteur énergétique. Il s’est associé avec le chimiste BASF au sein du groupe de distribution de gaz Wingas et va construire une centrale en partenariat avec EON. Gazprom est aussi l’un des maîtres d’oeuvre d’un projet de gazoduc géant sous la Baltique pour lequel il a embauché l’ancien chancelier Gerhard Schröder.
Sans oublier la part de 5 % détenue dans le groupe aéronautique européen EADS par des capitaux russes. Fin 2007, les participations des 14 plus gros investisseurs russes dans des entreprises allemandes pesaient plus de 5 milliards d’euros, calcule le journal Die Welt.
Plusieurs facteurs expliquent l’attrait de l’Allemagne : une valorisation faible des entreprises, une prestigieuse réputation de pays « champion du monde des exportations » et une assez bonne connaissance réciproque des langues. Sans compter « un aspect sentimental » : les Russes ont une bonne image de l’Allemagne.
Mais cette arrivée n’est pas toujours accueillie avec humour. Illustration en 2006 lorsque le groupe Sistema fait part de son intérêt pour Deutsche Telekom. La levée de boucliers a été immédiate de la part du gouvernement.
La montée en puissance des capitaux russes n’est certainement pas étrangère aux efforts déployés par Berlin pour se protéger des fonds d’investissement aux mains d’Etats étrangers. Le 25 mars dernier, c’est pourtant un « fonds souverain russe » qui est devenu propriétaire de deux chantiers navals sur la Baltique, mis en vente par le norvégien Aker Yards.

Francebourse.com, avec AFP
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