Il y a des séances qui impressionnent parce qu’elles sont violentes. Et il y a des séances, plus discrètes en apparence, qui sont en réalité beaucoup plus importantes pour un portefeuille bien construit.
La séance d’aujourd’hui appartient clairement à cette deuxième catégorie.
Le CAC 40 a reculé d’environ 0,6 %. Dans le même temps, notre portefeuille Croissance a progressé d’environ 0,6 % sur la journée. Cette symétrie n’a rien d’anecdotique. C’est précisément sur ce type de séances que se fabriquent, lentement mais sûrement, les écarts de performance qui comptent vraiment à la fin de l’année. Ce n’est ni dans les journées d’euphorie générale, où presque tout monte en même temps, ni dans les journées de panique absolue, où l’on cherche d’abord à amortir. C’est dans ces séances intermédiaires, ces séances de marché hésitant, incertain, contrasté, qui sont en réalité les plus nombreuses sur une année boursière.
Et c’est là que la structure d’un portefeuille fait toute la différence.
Aujourd’hui encore, notre multidirectionnalité a parfaitement joué son rôle. Certaines lignes ont souffert, d’autres ont résisté, d’autres encore ont franchement monté. Des valeurs étrangères, en particulier, ont bien contribué à cette tenue : certains narratifs espagnols, allemands, industriels ou technologiques continuent de travailler le marché en profondeur. Nous avons par ailleurs réduit ces derniers temps une partie de notre exposition directe aux pétrolières, mais nous avons relayé intelligemment cette exposition par les parapétrolières. Nous restons donc liés au thème énergétique, mais de manière plus fine, plus indirecte, plus intelligente qu’il y a encore deux ou trois semaines.
Le résultat est là : le portefeuille Croissance revient quasiment sur son record de fin février.
Il gagne désormais 8,37 % depuis le 1er janvier et retrouve presque ce seuil symbolique des +1000 % depuis sa création. Là encore, il ne s’agit pas d’un détail. Cela signifie qu’au milieu d’un marché encore troublé, notre construction tient. Et ce n’est pas un hasard.
Dans ce contexte, je veux aussi revenir sur la crise du moment. car le moment me semble opportun pour comprendre le paradoxe du moment.
La situation actuelle est en effet extrêmement singulière. En quelque sorte, le blocage iranien est aujourd’hui bloqué par le blocage américain. C’est cela qui rassure partiellement le marché : l’idée que les Américains ont repris la main sur la situation et qu’ils empêchent l’Iran de paralyser seul le détroit. Nous sommes donc dans une configuration presque absurde : un marché qui se rassure parce qu’il voit un blocage empêcher un autre blocage.
Mais ce paradoxe ne doit pas être interprété trop vite comme une bonne nouvelle durable.
Car si les Iraniens ne cèdent pas, si cette guerre des nerfs se prolonge, alors le détroit restera paralysé plus longtemps qu’attendu, les tensions sur le pétrole repartiront, et toute la mécanique redoutée se remettra en place : remontée des prix énergétiques, pression inflationniste, menace de resserrement monétaire, et donc fragilisation progressive des marchés. Ma vidéo détaille les différents scénarios, y compris celui auquel presque personne ne pense : celui où l’Iran lâcherait, mais où les Américains continueraient eux-mêmes de verrouiller la situation.
Je vous invite donc regarder cette vidéo, car elle éclaire très bien l’étrangeté du marché actuel :
www.youtu.be
Vous le voyez, nous sommes dans une période où il faut être à la fois très mobile dans la lecture du réel et très stable dans la construction du portefeuille. Il ne faut ni paniquer, ni s’aveugler. Il faut comprendre les récits, les intérêts en place, les décalages entre ce que le marché croit voir et ce qui est réellement en train de se jouer.
Et c’est précisément dans ce type de moment que notre méthode montre son utilité.
Jean-David Haddad
Rédacteur en chef de Francebourse.com
Économiste et sociologue des marchés